Rencontres imbriquées-il poverello di Assisi
Hier j’étais intelligente, enfin je croyais que je savais mieux que personne ce qu’était le monde, Paris en étant l'épicentre.
Mais, il y eut TOI, notre première rencontre, et la petite baleine jaune pamplemousse, piquée sur ton polo, que tu m'offris comme une évidence de ce qui serait nous.
En ce mois d'août caniculaire, au bord du lac apaisant de ton enfance, tu pris ma main, pour ne plus la quitter.
Il y eut LUI.
Regarde, là-bas, l'intérieur de la terre, me dis-tu, en descendant vers ce lieu unique, aux bâtiments de pierres dorées accrochés aux collines d' Ombrie, tu y découvriras l'âme d'un Saint, pas comme les autres, vénéré par les croyants et les non croyants.
C'est ici où il venait, parmi la nature exubérante, sous les arbres séculaires ombreux, seul face à l'horizon infini, propice à la contemplation, la prière et le recueillement, trouver ce que "vivre" et "aimer" voulaient vraiment dire.
Les oiseaux et tous les animaux se laissaient approcher attentifs au prêche de sa voix apaisante et convaincante.
Et dans cette grotte si petite, sur cette longue pierre plate, il prenait un peu de repos.
Les animaux partagent ma vie, j'aime les photos en noir et blanc, de cette époque heureuse :
à califourchon sur un cochon soutenue par les bras de papa,
une poule dans les bras,
caressant un mouton,
ou suivant les canetons pressés de plonger dans la mare.
Grâce à LUI, je les aime mieux et autrement.
Je n'hésite pas à entrer dans une église, pour un instant de recueillement, mon petit chien blotti dans mes bras pensant à LUI.
Qui mieux, en effet, qu'un animal, qui, instinctivement, n'a pas de mauvaise pensée, a le droit d'entrer dans un lieu de prière ?!
Nous parcourûmes le monde, rencontrant des peuples et des civilisations fabuleuses.
Mon regard sur le monde continuant à changer...
Après de longues années d'hésitation, c'est à l'Eremo, face à la grotte, que nous nous sommes dit « oui » devant un frère franciscain portant l'austère tenue marron, les pieds nus dans ses sandales.
Vêtue d’une longue robe au plissé soleil couleur champagne, et toi, de bleu couleur du ciel, je me revois, au bras de papa, lourdement handicapé, pénétrer dans la chapelle au son d’un quintette pour clarinette et cordes venu exprès de Rome.
À la sortie, nous fûmes accueillis par un merle sifflant joyeusement, peut-être pour nous souhaiter tout le bonheur du monde,
tandis que ma belle-mère s'emparait de mon bouquet de mariée pour le déposer sur la grande dalle de pierre..
Comment rompre ce lien scellé dans cet endroit ? C'est juste impossible.
Bon an mal an, le navire amoché continue à voguer, sur la longue route de notre vie.
Jamais je ne t'oublierai, tu es mon guide Saint François d'Assise.
Si je ne t'avais pas rencontré, qui sait, ce qui serait advenu de moi ?
Il poverello di Assisi* (le petit pauvre d'Assise)
"là où est la haine que je mette l'amour,
"là où est le désespoir, que je mette l'espérance"
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Merci au jury qui m'a accordé dans la catégorie :
toutes formes adultes ville de colombes (92700)
le premier grand prix à l'unanimité.
Le concours a attiré 574 participants du monde entier dont une centaine de lauréats de tous âges.
Vous pouvez retrouver mon texte dans le recueil collectif
édité par E.N.E. directement en me contactant. Il me reste quelques rares exemplaires.
son titre :
QUAND ON PARTAIT SUR LES CHEMINS
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