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La tortue à plumes

le soleil rouge ou les poppies

23 Juillet 2022 , Rédigé par la tortue à plumes Publié dans #2022, #PO & ZIE, #ami(e)s de la tortue, #humeur de tortue

Le soleil rouge envahit l’espace 
soleil en apesanteur 
soleil en majesté
mais rouge pas jaune
un autre sens
plus mystérieux
plus personnel.
 
Ce soir,
le soleil est rouge comme un étendard
le soleil est rouge comme une victoire
le soleil est rouge comme un cri
le soleil est rouge comme le sang coulant dans les veines,
qui hurle qu'il n’est pas ce qu’il voudrait être
qui hurle qu'il n'est pas ce qu'il aurait dû être.
 
Ce n’est pas comme ça que ma vie aurait dû se dérouler
ce n’est pas comme ça que l’avenir devait se dessiner
ce n’est pas comme ça du tout
ce n'est pas moi ! 
moi j’aimais rire
moi j’aimais danser
moi j’aimais m’amuser
moi j'aimais croquer la vie à pleines dents
rêver, imaginer, me projeter, partager.
 
Ce soleil rouge c’est mon cœur, c’est ma force, c’est ma faiblesse c’est ma famille, toutes les pointes érigées comme des flèches pour aller décocher, 
pour aller décrocher, où qu'elles soient  toutes les formes du possible 
car tout est possible enfin presque, je l'ai compris un jour.
 
Ma force, mon courage c’est à eux que je les dois, 
je sais qu’ils pensent que c’est moi qui leur ai apporté,
je n’ai pas choisi c’est la fatalité ; c’est le destin, c’est le hasard aveugle qui a tranché pour moi. 
Est-ce que le hasard fait bien les choses ? parfois, mais pas toujours. 
La douleur, la souffrance, la différence ne sont pas des oppositions au bonheur, elles peuvent être des forces de résistance, t'apporter
des victoires, des solutions, des petites joies et de beaux moments.
 
J’avais cette flamme et  je croyais à cette volonté farouche de vaincre, cette volonté de lutter, cette volonté d’aller plus loin, de me surpasser, de m’exprimer, de m'accrocher à ma vie comme tout autre quidam, 
et que sourire, rire, aimer seraient indestructibles 
et puis un jour ma vie a basculé 
j’ai vécu tellement de choses que personne d’autre ne peut imaginer ce qu'est cette richesse en partage avec la douleur des autres, tout ceci ne m’empêchait pas d’être coquette.
 
La coquetterie n’est pas une vanité mais une façon aimable de se présenter aux autres, à soi-même, s’aimer par respect, par nécessité, pas envie et par besoin.
 
Mon soleil rouge a des éperons, des fulgurances, vainqueur des épreuves, il est mon oriflamme
profondément romantique j’ai voulu à mon tableau, un fond plus paisible face à la violence de ce soleil brûlant, bouillant, tonitruant, omniprésent, élégant, mais jamais malfaisant.
 
Il est moi ma flamme, mon cœur, accrochée à la vie par tous les pores de ma peau ; c’est encore moi jeune fille imaginée, en arrière-plan et les couleurs de joie, de gaieté, de bonheur, de tendresse, des tons doux, des tons chauds, le ciel, un nuage négligemment présent, des tons de campagne, en mode impressionniste, imaginant un joli moment d’un déjeuner sur l’herbe d’un piquenique en famille avec toutes les provisions déposées par maman dans le grand panier en osier.
 
Toujours une fleur pour la douceur, pour la candeur, pour le bonheur, avant d'aller à la rencontre d'un peintre pour une exposition éphémère. 
Lorsque j’ai peint ce tableau je ne me souviens plus, si j’étais triste, si j’étais joyeuse, si j’étais en colère. J’étais déterminée comme chaque jour de ma vie, mon obsession était vivre, vivre, vivre, vivre, et vivre encore.
 
La couleur de mon soleil n’était pas tout à fait celle que je voulais mais je n’avais pas d’autres tubes de peinture que ce rouge. J’aurais préféré un rouge vermillon beaucoup plus éclatant, beaucoup plus vibrant, beaucoup plus sanglant, beaucoup plus émouvant, comme la couleur des "poppies", le coquelicot symbole de paix et de guerre, le sommeil et le sommeil éternel.
Finalement, celui-ci me va très bien, d’ailleurs voulais-je dessiner un soleil ou au hasard, une lune rouge, un crabe que sais-je encore ?
 
Non c’était bien un soleil, il n’y a pas de doute le soleil, qui m'a porté jusqu'au bout, lorsque je marchais sur la plage, les pieds dans le sable, la main de maman à mes côtés oui c’est ça c’est ainsi c’était beau c’était doux.
 
L'empreinte de mes pas ont été effacées par la mer, mais je suis toujours là vivante, aimante, souriante à vos côtés.
Je suis une étoile dans le ciel,
je suis un rayon du soleil qui vous fait un clin d'oeil et vous réchauffe,
et je vous aime toujours.

=====

tableau peint par Françoise Eudes (1969-2003) 

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Une pensée personnelle pour sa famille avec toute mon amitié.

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