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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

Fête des mères

Publié le 30 Mai 2010 par fuzzybabeth in pastilles de vie

Ils nous ont refait avec la Fête des Mères, le coup du Père Noël Coca-Cola. Et l’affaire marche toujours. Je sais au moins que je vais échapper aux robots qui réduisent la femme à une ménagère. Je ne suis pas une ménagère, sauf lorsque l’envie m’en prend. Autrement, je suis moi, qui aime flâner devant mon ordinateur. Pourquoi ce privilège serait-il réservé aux hommes ?

 

Tout devait être joyeux, un grand pique nique au soleil dans un bel endroit avec ma cousine et sa famille. Le temps en a décidé autrement. Il pleut. Pas de pique nique. Alors j’ai écrit que je ne viendrai pas (que nous ne …). Leur journée sera agréable. Ils passeront un bon moment, avec leurs mamans, pas moi, elle n’est plus là et malgré nos divergences, ma mère reste ma mère.

 

Alors ce matin, un vent nostalgique me parcoure. Hier, je me suis rapportée un grand bouquet de pivoines, de roses, et d’iris de mon jardin. Je l’ai dit, je n’aime pas les fleurs coupées, sauf celles ci qui me raccrochent à un pan de ma vie. Elles sont dehors, je les vois de ma fenêtre, elles souffriront moins.

 

Ce matin, mon doux époux, m’a rapporté une rose de son petit tour au marché, une jolie rose. Le hasard, mais est-ce vraiment le hasard, m’a fait choisir, un petit vase bleu avec des anses dorées, style année 50, donc moche. Il était un des préférés de maman, il a traversé ma vie, et n’a jamais subi la moindre ébréchure.

 

Je ne suis pas la mère de mon mari, mais la mère de son fils, ceci doit avoir un sens, même s’il ne dit rien. Et puis, pour le déjeuner, nous irons à la Crêperie, il a réservé une table pour deux ou trois, selon le bon vouloir de notre fils.

J’ai gardé beaucoup de ses cadeaux, parfois encombrants, de l’école maternelle. J’ai dans mon antre, un sous verre fait d’ images découpées dans le catalogue de La Redoute, il m’avait demandé des photos, je ne savais pas pourquoi.

On voit une pièce avec un canapé, une fenêtre ogivale ouverte sur l’horizon, et un grand rideau pour préserver l’intimité de la famille. En premier plan, un chien allongé sur un plaid rose, le petit chien, un cocker, a un gros nœud rose autour du cou. C’est une fille alors. Et le texte me touche encore :

« son amour à lui

c’est mon amour à moi

comme elle est jolie

comme elle est gentille

son amour à lui

c’est ma maîtresse à moi

et quand elle me sourit

j’ai les yeux qui brillent »

 

Plus, je lis ce texte, plus j’y trouve d’ambigüités, Je le prends donc au premier degré et le soleil revient.

 

Je vais aller partager mes pivoines avec ma voisine, je sais que son fils ne viendra pas, et qu’elle en sera triste même si elle s’en défend, et si la Fête des Mères n’était rien en fin de compte. Un geste, un sourire, une rose, devrait faire partie du quotidien pas d’un exercice à date fixe sur le calendrier. J’ai beau me le répéter, je n’y arrive pas.

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