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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

une église, une place, un café, une terrasse, une vallée...

Publié le 14 Mai 2018 par la tortue à plumes in vu - lu - entendu..., ami(e)s de la tortue, coup de coeur

L’église est là, en contrebas.
Elle trône sur cette place.
Elle a une forme bien à elle.

Elle est de style roman.

Elle date de fin XIème début XIIème.

Il n’y a pas grand monde.

Il est 16h30.

Quelques personnes sont descendues du train.

Certains sont rentrés chez eux.

D’autres partis faire quelques courses.

Je suis assise à la terrasse d’un café.

Je sirote un Perrier-rondelle.

Il est bien frais, c’est bien agréable.

Il fait une telle chaleur…

Je regarde les gens qui passent et repassent.

Une personne vient de s’asseoir à une table, non loin de moi.

Elle a commandé un café.

A peine le café déposé, qu’il est terminé !

C’est incroyable comme les gens ne prennent plus le temps de vivre, de nos jours.

Ça fait une heure que je suis là.

Je n’ai pas vu le temps passer.

Il est vrai, je le reconnais, je suis en congés et je prends mon temps,

mais tout de même !

S’arrêter, rêvasser, se poser… Des petites choses simples de la vie !

C’est souvent dans ces moments, alors, que je m’évade.

Mon imaginaire se met en ébullition.

Je m’enferme dans ma bulle.

Je prends mon carnet et un crayon.

Plus rien n’existe, que mon crayon et mon carnet !

Je suis seule avec mes pensées.

Mon bras et ma main se font le prolongement de mes pensées.

Mes pensées qui vagabondent à toute vitesse et dans tous les sens.

Parfois, lorsque je relis ce que j’écris,

je m’aperçois qu’il manque quelques mots.

Ma main n’écrit pas assez vite par rapport à mes pensées fertiles.

Il m’arrive même, en relisant, de ne plus savoir ce que je voulais dire…

Je suis toujours attablée sur cette terrasse.

Le soleil, bien présent toute la journée, commence à décliner.

Mais il fait toujours bon…

Pourvu que ça dure !

Ça faisait longtemps que le soleil ne s’était montré autant de jours d’affilé !

C’est fou comme voir le soleil, le ciel bleu remonte le moral !

En général, les gens sont tristes, voire déprimés.

Avec les beaux jours, ils sont plus joyeux.

Ils arborent même un semblant de sourire,

dès le matin, lorsqu’ils sont en voiture, lorsqu’ils partent au travail… !

Pour ma part, pour que tout soit parfait, il me faut la montagne !

Mais… bientôt, bientôt !

Cette montagne dont je ne me lasse jamais !

J’adore ce décor, je m’y sens bien.

Je pourrais en parler des heures :

ces monts, ces pics, ces aiguilles et autres dômes, avec leurs neiges éternelles.

Vous regardez à droite, à gauche, devant, derrière vous, tout est différent.

Un spectacle permanent !

Lorsqu’il y a quelques nuages dans la vallée,

on aperçoit les sommets qui tentent de se montrer quand même.

Ah oui, je ne vous ai pas dit… Quand je dis « vallée »,

je parle de la vallée de Chamonix.

Je la connais bien cette vallée.

Cela fait près de 35 ans que j’y vais, voire plus.

J’ai bien évidemment mes endroits préférés !

Les gorges de La Diosaz sont sans conteste l’endroit qui me touche le plus.

J’y vais tous les ans !

La Diosaz, torrent qui se balade sous les Aiguilles Rouges, que l’on peut suivre sur quelques kilomètres, en marchant sur un sentier parsemé, çà et là, de quelques marches, d’escaliers et bordé de bancs atypiques, pour ceux qui seraient un peu fatigués.

Il faut aussi aller voir la Mer de Glace, tant que son glacier est encore là !

Oui, car plus les années passent et plus le glacier « remonte », comme on dit !

Foutu réchauffement de la planète !

La première fois que je l’ai vue, nous arrivions au bout de ce train du Montenvers, train à crémaillère. De là, on prenait un petit téléphérique pour aller dans le bas et accéder au glacier et à sa fameuse grotte : La Grotte de la Mer de Glace !

Plus le temps passe et plus il faut aller loin pour l’atteindre.

Non seulement, il faut maintenant prendre des télécabines, qui ont remplacé le petit téléphérique, vue l’affluence, mais il faut aussi descendre un escalier qui compte je ne sais combien de marches !

Mais bon, le décor est toujours aussi magnifique !

Et voilà, je suis toujours en région parisienne.

La nuit est tombée, un lampadaire m’éclaire.

Je suis toujours sur cette terrasse.

Il commence à faire frisquet.

Je crois qu’il est temps de rentrer, s’en retourner à la réalité.

 

(Texte de Sophie Piquet - 13 mai 2018)

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Henri Alexandre Sollier -1896.1966- La place de l'église à Saint-Cyr sur Morin

Henri Alexandre Sollier -1896.1966- La place de l'église à Saint-Cyr sur Morin

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