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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

l'illusion de la nuit

Publié le 21 Juillet 2013 par la tortue à plumes in pastilles de vie

l'illusion de la nuit,

l'illusion de la vie,

croire ou ne pas croire,

mirage d'un instant,

magie du moment,

le vent s'est tu,

les nuages ont arrêté leur course dans le ciel

les étoiles, comme par miracle, ont jailli dans la nuit

un autre jour vient de naitre

le jour de la nuit

rien n'est pareil

tout est pareil

mon cœur vibre

le verre est froid dans ma main

bientôt le porter à mes lèvres

continuer l'ivresse du bonheur

l'illusion de la nuit

l'illusion de ma vie

seule dans ce petit espace

je me crois au paradis

les mèches des bougies dansent leur farandole

les mèches des bougies me rappellent

je ne résiste pas

bientôt je me lève,

seule, je m'enlace

et je danse sur place

je revis ma journée,

je revis ma soirée

le soleil dardait

le soleil brulait

elles ont dit :

«rouge, tu étais rouge»

un petit moment «d'ailleurs»,

j'étais passée à la 72ème division,

Mimi et Marcel

Bientôt son anniversaire à elle,

Un peu de ménage ne faisait pas de mal

L'absence des objets dérobés

Lui faisait un peu mal

Pourquoi les dépouiller

Pourquoi dépouiller les défunts,

Je ne comprends pas,

Enfin si,

Mais non,

Je ne peux pas comprendre

Je ne veux pas comprendre

Monter, descendre, remonter, redescendre,

Zigzaguer dans ce havre de paix,

Une ville dans la ville

Fermée le soir à triple clé les laisser entre eux

Se raconter leur vie d'avant

Vivre leur aujourd'hui

Leur vie dans l'au-delà

Existe-t-il seulement ?

Les petites cases pour les petites urnes

Hygiéniques, symétriques,

Du sol au plafond,

Des siècles et des siècles,

Les feux follets seront pour ce soir,

Nous ne serons plus là

Le passé, le présent,

Les guerres, les chagrins d'amour,

Les maladies, les petits caveaux blancs,

Les avions écrasés,

Les jeunes, les vieux,

Les hommes, les femmes,

des mondes qui se côtoient

Une ville dans la ville,

Pourquoi ont-ils choisi ce lieu ?

plus loin,

Un jeune couple, happé par la magie des lieux,

installé sur un banc, entre eux,

des verres à pied remplis d'un vin rosé

Pringles à la main,

Que fêtent-ils ?

Leur rencontre, leur amour

Les arbres pour témoin,

Les corbeaux pour voisins,

Les roues des poussettes peinent et crissent sur les pavés disjoints

Nos pieds mal assurés glissent parfois

La chaleur nous accable

Nous sommes bien malgré tout

Nos ombres se mirent dans les reflets irisés des pavés

Des fantômes bienveillants nous accompagnent

Il y a longtemps… on avait dit

On l'a fait, tout est bien, je me sens bien

Au détour d'un chemin,

Une tombe qui nous parle,

Un trou béant… personne

Rien, le vide maintenant

Les épitaphes ? Pour quoi faire ?

Lui, un «ange»

le mot est un peu fort !

Une chanson nous vient

Ne pas se retenir,

Carmina Burana

Ce sera pour demain les paroles ne sont pas revenues

Déjà demain, le CD emplit mes oreilles,

"Olim lacus colueram"

les voix s'envolent

la musique s'affole,

je plane, je flotte, j'y retourne…

Mimi et Marcel ensemble sous le grand arbre

Les fleurs artificielles, ne souffrent pas du manque d'eau,

piquées dans la terre desséchée, elles attendront, un prochain passage.

L’horaire n’est pas fixé

la saison non plus !

Un jour...

La petite brosse pour que les noms ressortent comme

Édith et Marcel

Marie et Marcel à jamais…

La vie continue

Nous continuons le chemin

Nous remontons encore,

Un bout de pied posé distraitement au passage d’une tombe

Nous nous excusons,

C'est un peu la varappe à Fontainebleau

On aurait pu se mettre en cordée

Les touristes, plan en main

Cherchent les grands oubliés,

Les célèbres anonymes,

Les illustres inconnus,

Les anciennes gloires,

Chacun son chemin,

Chacun sa quête,

Jim Morrison, c'était, hasard, en juillet,

- «Do you know where is Jim ?»

- Plus bas, tout droit, et puis vous verrez c'est plein de monde

la tombe est si petite, si modeste,

l'arbre a été coupé,

des barrières forment un large périmètre de sécurité,

passage obligé

le cœur un peu serré

pourquoi lui ?

Tant pis pour Molière et les siècles passés

il faudra revenir,

le soleil est trop chaud

le soleil est trop haut

déambulation terminée

nous voici exténuées des heures passées si vite

vite une rondelle et un perrier

vite reprendre le périph.

Vite s'affaler avenue … qui rime avec perrier

Le barboc n'attend pas

La marée est passée, il faut la déguster

La nuit est tombée

Les bulles chantent dans les verres

La tension est tombée

Il ne reste que le bonheur du moment partagé

L'illusion de la nuit,

L'illusion de ma vie

l'illusion de la nuit
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