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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

sur la route de Madison

Publié le 20 Janvier 2013 par la tortue à plumes in vu - lu - entendu...

Comment ai-je pu passer à côté de ce sublime film ?

Il suffit de regarder la date de sortie en France : 1995

Alors tout s'éclaire !

Ma vie est alors partagée entre le boulot qui me bouffe,

mon fils de dix ans qui est ma priorité,

mon temps libre (?) intégralement consacré à ma campagne

au jardin, aux confitures et aux travaux de la maison,

à l'Italie pour le reste

et ma mère puisque mon père n'est déjà plus.

Et qu'il n'y a que moi pour le faire.

L'Amérique, au sens large, était vraiment très loin de mes préoccupations,

Il faudrait que je ressorte mes agendas de l'époque,

Je serais surement étonnée de voir plus de RdV «pédiatre» que séances de cinéma

Ou alors des Walt Disney

Ou le premier grand succès de Pixar : Toy story, (revu, par hasard la semaine dernière) avec grand plaisir à la TV ; même année ! le choix était donc vite fait !

Toy Story versus «Sur la route de Madison» : j'en souris aujourd'hui !

Je regarde peu la télé, mais j'avoue que je dois avoir le nez creux, car souvent je tombe sur des bouts d'émissions qui ont un sens. Oui, çà existe. Pas TF1… quand même çà se saurait ! exception faite de Dr House et deux trois bricoles.

Début décembre, dans une chronique, Christine Bravo, une foldingue, comme je les aime, re-présentait avec enthousiasme, ce bouquin, qu'à ma grande honte, je n'avais pas lu non plus !

Ni une ni deux, désolée pour les petits libraires, commande est passée sur Amazon.

Sans savoir pourquoi, d'ores et déjà, je sais qu'il va se passer quelque chose à sa lecture.

Bingo ! l' émotion à l'état pur, un style incisif, direct, en retenue dans le même temps, narration, descriptions, et la vie qui s'écoule, quasi dans un huis clos, entre deux personnages si peu faits pour se rencontrer. Une fabuleuse histoire d'amour va naître.

Le hasard, la rencontre, l'amour… le thème idéal pour un roman !

Comment ne pas vouloir désirer voir le DVD, un tour dans la collection, bien fournie,  de de mon époux, déception j'ai beau m'attarder sur chaque jaquette, «La route de Madison» est absent des étagères. RE-Amazon (même pas honte).

Je ne me précipite pas dessus lorsqu'il arrive. Comme des animaux qui s'observent, j'observe le DVD… c'est tout.

Encore dans l'émotion du livre, avec en arrière plan, les visages très altérés de C. Eastwood et M. Streep.

Les larmes ne sont pas encore séchées. Le livre juste refermé, je lui donne une note de 18/20 ! Pas un 20, parce que tout est toujours perfectible, mais 18, c'est la même chose, juste 18 parce qu'en refermant le livre j'aurais voulu une autre fin, d'autres chapitres, une histoire sans fin… qui aurait laissé mon imaginaire aller encore plus loin.

Je suis prête : premier essai, au bout de cinq minutes : stop !

Je n'y arrive pas. Je ne suis pas prête, c'est tout.

Et puis… cet après-midi, la neige tombe depuis deux jours, un RdV important annulé, l'envie de sortir s'est évanouie, je me priverai de karaoké, de la présence de mes amies, je vais rattraper mon retard d'un repassage insupportable, le moment est idéal pour remettre le DVD, quasiment le seul moment où je suis captive, deux choses à la fois, c'est bien, et le fastidieux repassage n'est plus qu'accessoire, et aujourd'hui, il réchauffe mes doigts un peu engourdis par le froid. Il y a meilleure poésie, mais je profite de cet instant et c'est grand pour moi.

L'histoire se déroule, j'attends les petits riens et les grands moments du bouquin, le médaillon, la robe, les baisers, les regards, la bière, le pont, les sourires, les appareils photo, la route, le pont roseman, la superbe voix off et la lecture des écrits de Francesca, tout cela m'émeut.

Comme le livre, j'en ressors les larmes aux yeux, j'irai jusqu'au bout, parfois retenant mon souffle devant justement, ce souffle d'amour, ce renoncement, ce respect de l'autre, de son choix et l'amour qui perdure jusqu' à…

petit à petit, je reconstruis ma vie, j'essaie de combler les vides de tant d'années, je ne regrette rien de cette période, mais toutes ces connaissances que j'acquiers me ravissent tellement, et puis certainement que mon aventure américaine est là, personnelle ! et que je vois les choses différemment.

J'avance, c'est cela qui compte

Que la vie dure longtemps ainsi,

J'en suis si heureuse.

C’était un moment rare.

Finalement, la lecture du livre et le film se complètent très bien, et je ne sais pas estimer la chronologie de l'un par rapport à l'autre. Le contraire peut-être… ou pas !



 
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