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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

primevère

Publié le 21 Novembre 2011 par fuzzybabeth in ATELIER LE CHESNAY

 

P apier peint fleuri sur des murs jaunis

R estes d’un autre temps où le feuillage

mmaculé des arbres du jardin se

M iraient dans le reflet de mon miroir

E t reflétaient des sourires maintenant évanouis.

V ert pâle, vert foncé, vers mon avenir

E t ma nouvelle vie, je quitterai la maison,

R ien ne pourra me retenir, même pas la douce primevère

E n m’éloignant, le papier peint s’effacera.

 



 

 

 

«EN M’ÉLOIGNANT, LE PAPIER PEINT S’EFFACERA»

Des mois, des années, une tranche de vie qui disparaît au loin.

Brouillard. Mes idées sont dans un brouillard profond le papier peint était-il vert ? était-il bleu ?

Une certitude, il était vieux, très vieux, passé, usé. S’il pouvait parler…combien d’histoires pourrait-il raconter ? Qui l’avait fait poser ? Plus un survivant ! Tous enterrés dans le petit cimetière du village, toutes les tombes rassemblées, serrées, comme pour se tenir chaud et se souvenir.

Ils devaient se réunir la nuit et se raconter leurs souvenirs, les beuveries, les coucheries se croyant protégés par des murs recouverts du fameux papier peint.

Qui avait trompé qui et avec qui ?

Qui avait fait pleurer l’autre ?

Qui ? Quoi ? Quand ? Comment ?

Les larmes lui vinrent aux yeux à l’idée tous ces ancêtres disparus.

Puis, une faille dans le brouillard. Nina surgit, sa grand-mère, aux cheveux blancs impeccablement serrés dans un grand chignon. Nina l’appelle : «viens, ma doucette», «viens, quittons cette grande pièce. Allons dans la cuisine. Nous ferons des tartines de pain beurré et nous les saupoudrerons de chocolat. Viens !»

Elle se retourne. Nina n’est pas là, ce n’était qu’un souvenir, mais si doux. Le papier peint est définitivement effacé. Les larmes évaporées un grand sourire revient et dans un geste de délivrance elle part en courant, loin, loin, aussi vite que possible de la grande maison vide. Sa nostalgie est évanouie. Qu’importe la couleur du papier peint. Et puis, au fait, y avait-il vraiment du papier peint sur les murs ?

 

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