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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

porte G - Björk

Publié le 10 Mars 2013 par la tortue à plumes in vu - lu - entendu...

 

BIOPHILIA : projet musical, culturel, transversal,  avec des jeunes et où… Apple n'est jamais loin !

Je ne voulais pas écrire sur ce concert, et puis… encore une fois, des liens existent, se tissent, s'entremêlent, entre les évènements.

 

À l'occasion d'un concours d'écriture, j'ai croisé la route d'Arvo Pärt, estonien, musicien contemporain, aussitôt entré dans mon oreille et dans mon périmètre musical, Arvo Pärt et Björk, une rencontre.

Islance, dans mon rêve, un voyage programmé, retardé, provisoirement reporté, objet de mes désirs qui me pousse à continuer. Le feu, la glace, les volcans, les geysers…

Une pile énorme de catalogues, de bouquins sur ce petit caillou à l'échelle du monde perdu dans les brumes nordiques loin de tout, occupe mes étagères. Fascination relativement ancienne.

Simultanément, j'ai également attaqué la lecture du dernier opus d' Arnaldur Indridason, enfin Erlendur est de retour…

Cernée par une ile ! je suis cernée par une île ! je vis en plein oxymore !

L'Islande est venue à moi.

Les Inrockuptibles n° 300 , le seul numéro en ma possession de ce magazine que je n'achète jamais : un "spécial Björk" 1999 ? Première vraie rencontre. Une espèce de passion qui nait avec Vespertine.

Björk, rare, unique, rugueuse, volcanique, sincère, vraie, vivante, réelle, inventive, décalée et tellement normale.

Björk et son Islande, la nature, sa famille.

Serait-elle Björk si elle était née ailleurs qu'à Reykjavik ? Besoin d'évasion par les sens, par les sons, par les mots. Que de talents au kilomètre carré ! Échapper à ce petit territoire aux maisons colorées, à la population clairsemée, dominée par la mer, le froid, la glace, l'hiver quasi éternel, l'ennui, la solitude, les volcans et leur menace permanente.

L'évasion pour horizon

La création pour survivre

L'imagination comme atout

Björk que je rejoins pour certaines de ses escales, avant d'accoster sur d'autres rives.

Björk jamais loin de mon univers. 

Œuvre protéiforme, grandiose, inclassable, artiste contemporaine, tout sauf de variété, lorsque l'on mesure l'étendue de son œuvre, ses projets, ses recherches, jusque dans la construction d'instruments,

Björk toujours à la recherche de… quel bonheur, quelle richesse de pouvoir l'approcher ne serait-ce que pour un soir !

Garder le mystère, ne pas tout décortiquer, ne pas tout disséquer, se laisser emporter par le plaisir, par l'émotion, par le respect par cette voix si rocailleuse et si chaude en même temps, ce regard omniprésent.

Se laisser emporter par cette présence quasi céleste !

Björk, vue et revue dans "Dancer in the dark". Comédienne magique.

Quelques disques, surtout Vespertine toujours d'actualité, à écouter, quand le vent souffle dans les branches, quand le bateau tangue, que la côte de l'Islande s'éloigne de mon horizon.

Hidden Place par dessus tout.

Et puis, le temps passe… et Björk revient et je suis là.

Rien écouté avant, me laisser la magie de la découverte de BIOPHILIA en live…

Biophilia et les labos organisés avec des enfants de 10 à 12 ans

Train, métro : deux changements, quelques gouttes de pluie, temps doux, le Zénith est complet. Porte G.

Suspendus au dernier rang, devant un rideau noir surplombant un vide vertigineux juste derrière mes épaules, qui me créera un malaise pendant tout le spectacle. Configuration exceptionnelle de la salle, immense scène centrale comme pour un match de boxe. Du coup, nous sommes en lévitation, sur ce qui d'ordinaire est la scène. Curieuse impression.

Public acquis, tous les âges, tous les sexes, ethniquement majoritairement "race européenne" ! beaucoup d'étrangers, de buveurs de bière en toute quiétude.

Quelle tenue ?  surprise !

Une robe noire pour le cirque en chantier de l'ile Seguin, ce soir, elle arborera avec élégance et légèreté une robe courte, blanc de nacre, lumineuse, sage et décalée, entre coquille Saint-Jacques et décor d'Alien, notre princesse Leïla, perruque à la Tina Turner qui se serait coincée dans une soufflerie et qui lui dévore le visage. Maquillage bleu profond. Décolleté sage.

Ondine sortant de l'eau, voguant dans un monde onirique, chaotique, poétique, cosmique. Les elfes ne sont pas loin.

Jambes fines dans un simple collant lamé, attaches fines, sourire mutin, éternelle jeunesse, avançant, sans trêve, sur la scène, arpentant l'espace sans fin, sans se lasser avec obstination, avec légèreté, survolant le lieu.

 

Rythme du temps

Rythme du vent

Rythme des sens

Elle égrène ses mots qui explosent en corolles multicolores, en gerbes de sons métalliques, métaphoriques, magnétiques avec une pointe d'érotisme, d'ésotérisme et d'exotisme.

Pour l'accompagner, 16 jeunes elfes (je n'aime pas ce masculin qui contrarie mon propos), toutes les cheveux longs qui dans une mise en scène, millimétrée au cordeau, l'accompagneront jusqu’à la dernière seconde.

1h45 de spectacle, sans trêve, juste le noir dans la salle entre chaque chanson et un "merci beaucoup", peu d'autres mots que des mercis et encore des mercis, pour ce dernier spectacle à Paris.

Trois musiciens qui font tout le reste, batterie, instruments improbables et célèbres résultats de recherches incessantes sur les sons, dont le "gameleste", le "thunderbolt", le "pendulum"… des sons puissants, aigrelets, qui nous entraînent vers le Japon, le gamelan, si lancinant d' Indonésie que j'aime tant et Apple pour ordonner le tout !

Hier, aujourd'hui et demain pour musique ! qu'ajouter ?

Sagesse, vibration, tous ces sons qui se mêlent si bien au timbre rocailleux, profond, clair et déterminé de sa voix.

La démesure calculée, organisée.

Ses bottines en lamé brillent et ponctuent les textes, pas une seconde d'inaction, les petites bottines doivent suivre ses pas, encore et encore, ponctuer le texte…

Pendant ce temps, les écrans, au-dessus de la scène, diffusent des images de la vie, fonds sous-marins, ADN ou peu s'en faut ! voyage dans l'univers.  

Sans jamais forcer sa voix, Björk remplit l'espace et encore plus que cela remplit nos cœurs, malgré la complexité des sons, leur extrême originalité, le concert passera comme un météore, à une vitesse folle, et beaucoup trop rapidement à mon gout.

Cette femme est un OVNI mais quel ovni.

Elle est ébouriffante, je suis ébouriffée !

Set-list idéale et les petits plus, excepté Biophilia que sont  :

 

* Pagan poetry (I love him scandé comme une obsession)

* ONE DAY (au texte si fort)

One day, it will happen
One day, it will all come true
One day, when you’re ready
One day, when you’re up to it

The atmosphere will get lighter
and two suns ready to shine just for you
I can feel it !

One day, it will happen
One day, it will all make sense
One day, you will blossom
One day, when you’re ready

An aeroplane will curve gracefully
around the volcano with the eruption
that never lets you down
I can feel it !

And the beautifullest fireworks
are burning in the sky just for you
I can feel it !

One day, One day

 

Le concert est terminé, déjà les vidéos envahissent le web, déjà les souvenirs.

Ce ne sera pas demain, mais mon rêve est maintenant de la rencontrer là-bas sur son ile

Quoi de plus doux qu'un rêve pour s'endormir des sons pleins la tête.


set-list
Óskasteinn (Graduale Nobili Intro)(Traditional Hungarian song)
Thunderbolt (Biophilia - 2011)
Moon (Biophilia - 2011)
Crystalline (Biophilia - 2011)
Hollow (Biophilia - 2011)

Dark Matter (Biophilia - 2011)
 Unravel  (Homogenic - 1977)
Mouth's Cradle (Medúlla - 2004)
Virus (Biophilia - 2011)
Sacrifice (Biophilia - 2011)
Vertebræ by Vertebræ (Volta - 2007)
Where Is the Line? (Medúlla - 2004)

Pagan Poetry (Vespertine - 2001)
Mutual Core (Biophilia - 2011)
Cosmogony (Biophilia - 2011)
Solstice (Biophilia - 2011)

Encore

 
One Day (Debut - 1993)
Band introductions 
Náttúra (Biophilia - 2011)
Declare Independence (Volta - 2007)

 



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