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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

otage du climat

Publié le 21 Mai 2013 par la tortue à plumes in pastilles de vie

 

Je ne suis même plus de mauvaise humeur

Je n'ai plus d'humeur

Je suis juste anéantie

Et fataliste

En fait, tout va bien

 

Sans savoir pour quelle raison, je pense aux otages, aux prisonniers.

Tous ceux qui ne décident pas de leur sort, quel que soit le motif qui fait qu'ils se trouvent dans cette situation.

 

Je regarde le grand toit rouge, en face de moi, un toit tout neuf à peine refait. Depuis plusieurs jours les tuiles pleurent en cascades plus ou moins importantes

La pluie ruisselle et tombe en remplissant la gouttière

P1060850.JPG 

Tout est délavé

Nos âmes sont délavées, nos envies sont délavées

Les chemins sont détrempés

 

Les jolis vêtements colorés, à peine les étiquettes des prix détachés, et pendus fièrement et avec gourmandise dans nos placards, sont retournés au rang d'espoir déçu...

On n'y croit plus

La fatalité est arrivée

Déjà, l'on se souvient du bonheur d'avoir pu déjeuner deux, trois fois en extérieur, à l'abri du parasol,

Les fleurs nouvellement plantées souffrent, elles ne rêvaient pas d'eau, enfin si, raisonnablement, elles ont enfoncé loin dans la terre leurs racines pour puiser l'eau de cette terre d'ordinaire si pauvre et si sèche

Oui, mais trop c'est trop, les corolles se délitent, les couleurs palissent, comme nos visages, les iris à peine nés, magnifiques hampes lancées haut vers le soleil sont déjà en état de fin de vie

Seuls les escargots apprécient encore que, trop d'eau leur fait peur

Seule l'herbe s'en donne à cœur joie, et je pousse et je pousse

L'herbe est verte, mais ne sert à rien

Le plaisir de l'œil est parti

Le ciel gris a tout anéanti

 

Ressortis les gros pulls d'hiver, les doudounes prématurément passées à la machine pour la saison prochaine

Les t'shirts et leurs manches courtes ne quittent plus le tiroir

 

Et l'avenir proche n'est pas au beau, à l'éclaircie

L'eau, il faut de l'eau, et trop en manquent, mais pourquoi tout sur notre tête, je veux bien partager avec ceux qui en ont besoin.

Revoir les graines enfouies dans le désert qui se réveilleraient et reverdiraient ces zones désertiques,

 

Impuissants et partiellement responsables de cette situation sans aucun doute,

pas de quoi être fière

Ne pas rallumer la chaudière, pour ne pas participer au désastre

 

Être otage du temps,

Oui, la vie continue

Un parapluie, des bottes, une doudoune

Où est la joie de voir le soleil ...

Et la vitamine D dans tout çà ! elle manque cruellement à chacun, et les petites ampoules ne sont pas terribles

Le soleil est gratuit, il nous dispense de la petite boite verte, de l'ampoule, de toutes ces solutions alternatives.

Où sont les fraises, et les cerises dont j'aimerais tellement sentir le nectar sucré couler dans ma gorge et pétiller sur mes papilles

 

Demain ?

Après demain ?

Il y a plus malheureux que moi

N'empêche que…

L'humeur serait plus belle

Sous un rayon de soleil

Puisque c'est comme çà je retourne sous ma couette

Juste pour attendre le moment propice de l'embellie

Car embellie il y aura

Je n'en doute pas une seconde



 

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