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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

les fantômes du Louvre

Publié le 3 Mars 2013 par la tortue à plumes in vu - lu - entendu...

IMG_3915.jpgLes fantômes du Louvre

expo : Enki Bilal

 

 

IMG_3921.jpg

Il y eut d'autres fantômes au Louvre ; Belphégor et C°.

Aujourd'hui ils reviennent occuper, une seule salle, mais celle des sept cheminées de l'aile Sully.

Feu, incandescence, incendie dans les corps, incendie dans les têtes.

Corps bien ou mal faits

Têtes bien ou mal faites

Des fantômes, des violences

Sang, viol, meurtre, morts, maladies…

Des hommes, des femmes, des enfants

Le pire côtoie le pire sur fond de beauté

Ce n'était plus arrivé depuis… voir une exposition ensemble. Le catalogue, un cadeau pour Noël.

Le Louvre en nocturne, les fantômes vont se réveiller c'est l'heure, entre chien et loup, la bonne heure pour aller roder.

 

Quelques chiffres sur l'origine de ce projet.

Accès privilégié au Louvre, aux heures de fermeture, si j'ai compris

400 photos

sélection drastique : 23 à l'arrivée

impression sur toile 50X60, travail sur les clichés pour adoucir les traits.

acrylique, pastel

puis apparition sous le trait intraitable de Bilal des fantômes.

Des tableaux pour base, une salle du musée, du mobilier, un casque, une sculpture

Puis raconter des vies

Vrai ou imaginaire, les visages sont là, destins tragiques,

Un panneau, biographie du fantôme

Poids, taille à la naissance, les maladies, les parents, les détails, le destin,

la guerre, la misère, la folie, la jalousie, tous les sentiments défilent,

toutes les perversions, tout ce qui fait que hélas le monde est le monde.

Atmosphère malsaine, avec en même temps la force des toiles, des couleurs, des yeux toujours magnifiques, surtout d'une expression à donner des cauchemars, tant ils sont vivants encore plus que la Joconde. L'histoire, des histoires

Des riches, des pauvres…

images.jpeg

Des amateurs s'attardent à chaque œuvre, regarder, lire, s’immiscer dans ces vies, essayer de les comprendre, s'imprégner différemment des autres expositions.

Il faut retenir les fantômes, il faut les apprivoiser, il faut s'y habituer. Expo difficile, rare, originale, dérangeante, surprenante.

Puis quitter la grande salle, je vacille un peu reprendre son souffle, terminer l'enfilade des salles de l'aile Sully.

Redescendre, nous avons du temps, vagabonder à travers les immenses statues égyptiennes, voir les corps d'éphèbes, pas vus depuis longtemps, la victoire de Samothrace qui me laisse de glace, continuer aller le voir lui le Sphinx, je l'avais laissé ailleurs, je ne sais plus trop où, les salles sont superbes, les objets mis en valeur, je me souviens de fatras, d'empilement de statues, oui, c'était il y a longtemps. Fierté de ce musée. Enfin j'ai apprécié.

IMG_3916.jpgLe Sphinx devant moi, pourquoi ce choc devant cette masse, devant cette œuvre. Quelque chose de ce que j'avais ressenti à Madrid devant le Guernica de Picasso. Une fois de temps en temps je suis en lévitation devant une œuvre. Je m'arrête, le détailler, faire une photo comme les touristes qui se font photographier dans des postures plus ou moins curieuses, au risque de le masquer.

Continuer le parcours, faire durer le plaisir.

Longer le Louvre médiéval, les murs superbement mis en valeur, d'une beauté stupéfiante.

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Voir d'autres fantômes, ceux de mes ancêtres, ceux de ces Parisiens, il y a tant de siècles. Magnifique restauration. Je suis la châtelaine des douves, je me faufile sur le parquet de bois sombre qui absorbe mes pas, c'est déjà fini.

Quitter la magie. Revenir au 21ème siècle, reprendre la ligne 14 en espérant que la pétasse qui nous a insultés pendant deux stations, à l'aller, se sera calmée et que même son fantôme se sera suicidé sous les roues du métro, où va le monde ? je ne peux rien dire, je vais me faire taxer de racisme !

Un peu choqués de cette altercation. Mon héros était prêt à donner du poing en plus de la voix ! Banalité de la vie parisienne.

C'était beau Enki Bilal, c'était beau le Louvre, on était tous les deux, c'était miraculeux.



  

Présentation de l'expo sur le site du Louvre

Bilal est au Louvre… Il photographie près de 400 oeuvres emblématiques, sous un angle souvent décalé,  inattendu. Il en choisit 23, qu’il fait tirer sur des toiles de 50 x 60 cm. Sur ces tirages, il peint à l’acrylique et au pastel… 23 fantômes.

Ce sont des femmes, des hommes, des enfants. Ils sont morts depuis longtemps, souvent de manière violente… Ils sont : légionnaire romain, muse, peintre, officier allemand… Ils errent au Louvre près de l’oeuvre qui les a marqués à jamais, qui a fait basculer leur vie : la Joconde, la Victoire de Samothrace, un Christ couché, un buste égyptien, la Chambre à alcôve… Bilal les a immortalisés en personnages évanescents, comme autant d’âmes errantes. Il a subtilement joué sur le « faire apparaître » pour finir par leur donner une présence singulièrement forte. Et il relate leur vie. Des biographies, dramatiques comme il se doit, qui  croisent la vérité historique, et souvent la création de l’oeuvre. Une exposition exceptionnelle pour un travail magistral dont la technique ne permet pas le droit à l’erreur.

Commissaire: Fabrice Douar, musée du Louvre, service des Éditions

 



 

 

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