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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

le serpent

Publié le 15 Avril 2013 par la tortue à plumes in coup de coeur - de gueule

J'y crois.

La connexion.

La nuit

Une idée

Un ami Facebook

Des photos

Du noir, du blanc

Camaïeu

Dégradé

Numérique

L'Amérique

Je vibre

Le Nevada,

La Californie

Pas celle que je connais

Pas celle qui me hante

Pas celle qui me fait vibrer

À chaque post sur FB

Je guette

La ville que j'ai élue... en couleur

Curieuse du rendu en noir et blanc.

Je crois que je vais attendre longtemps !

Prochain voyage ?

Trop peuplée ?

Trop sophistiquée ?

Trop ou pas assez

C'est selon.

En attendant, je parcours le Nevada,

Je vibre devant les paysages assourdissants

Du silence de l'Arizona

Là un arbre, seul rescapé

J'y suis, j'y reste, je m'accroche

Merci pour le promeneur

Pas celui du Champ de mars

Celui qui a osé affronter le climat

Les heures en bagnole sur des rubans de route

parfois défoncées

sous un cagnard inhumain

l'inconnu au bout ?

il est où le bout du chemin ?

 

Mes photos = macro

régler l'objectif

traquer l'abeille ou le pistil de la tulipe naissante du printemps

attendre

patienter

école d'humilité

l'argentique dans le placard

il reste le clic

d'une mise en scène approximative

photo éphémère

la petite corbeille attend

les photos ratées, floues ou ridicules

alors, lorsque je vois des clichés parfois retravaillés ?

je savoure le grain, la nuance

et je danse dans ma tête

 

Le serpent... je l’attendais, je savais qu'il viendrait

qu'il se découvrirait sur l'écran indiscret.

 

Je l'ai imaginé cette nuit, pas rêvé... je l’ai appelé.

Merci Johnny. Du coup, je le prends pour moi comme un hasard heureux et attendu.

 

Il est... presque comme dans mon imagination. En fait, il n'est pas. Il fut, il fuit à la recherche d'un abri, d'une autre dune, d'une autre brune, d'un autre buisson, d'un autre frisson.

Il fuit ? Il vit sa vie.

Dans la neige, mes chaussures anormales laissent des empreintes inélégantes. La neige souffre, la neige crisse, se crispe, se décolore et s'enlaidit.

Lui, le serpent a cette élégance divine

Cette légèreté

Il prend son élan, et hop !

il sait que le sable est précieux, de ses écailles rugueuses il effleure le sable comme une caresse,

il jouit de cette proximité de cette complicité de cet instant de partage torride

 

Il laisse une trace pour le plaisir comme le Z de Zorro et parce que le serpent est taquin

enfin, j'ai décidé qu'il en était ainsi aujourd'hui

reptile, il restera et je n'aime pas les reptiles.

Je ne conçois de reptile que la tortue, mon autre moi, "moi" : un point c'est tout ! l'alpha et l'oméga, quelque soit le nom ou surnom que l'on me donne.

Je suis bien obligée de lui faire une place puisqu’ils font famille commune !

 

Mon reptile à carapace vient de terminer son hibernation. Hier, elle s'est fait ridiculiser par un escargot qui a entamé une course sur sa carapace ! grotesque quelle honte ! l'escargot était content ; il ne le savait pas, mais il venait d'échapper à une mâchoire assassine.

 

Je m'égare...

je serpente dans ma vie, dans mes souvenirs, dans mes fantasmes

si longtemps j'ai refusé ces États-Unis pour des raisons sans raison

un fils ; ses études m'ont fait changer d'avis

pas un jour sans que je m'évade vers la Californie, San Francisco, Monterrey, Salinas

mon passé d'adolescente en pleine face : Kerouac, Steinbeck… je l'ai déjà écrit, comme un cri.

La musique, mes pantalons patte d'eph !  

mes chapeaux fleuris, «peace and love»

 

Je n'ai pas vu San Francisco dans les photos de mon ami, s'il m'autorise à l'appeler ainsi.

Mais le désert me ramène sans fin au Bagdad café, mélangeons les lieux, soyons fous,

rien ne bouge

le vent a disparu

l'essence évaporée

la voiture gît sur le bas côté au mépris du passant qui s'en fout. Il va ailleurs. Sait-il où il va ? Où est son destin ?

La crainte que la prochaine fois ce soit lui qui doive terminer le chemin à pied

le pouce inutile en l'air !

et pourtant quelle force, quelle intensité

l'horizon ?

les vallons, les creux, les immensités vierges,

qu' y a-t-il derrière la photo ? 

 

il est temps de laisser le stylo encore que ce soit douloureux

des photos m'attendent

elles vont remplir mon imagination

peupler mes prochains projets

m'entraîner loin de ce bordel infâme qu'est devenu mon pays dont je n'ose plus être fière tant on lui a fait mal

je repars dans mon voyage immobile

je clique, je respire

le voyage reprend

la fille du motel a déserté la maison abandonnée,

la corde pour se pendre d'avoir trop attendu ?

la route est encore longue

la lumière insolente et envoûtante justement... m'envoute, me happe

 

À bientôt…

après tout, comme il me dit toujours, lui qui ne veut que repartir là-bas : "il n'y a que dix heures de vol" !

C'est pas faux,

je vais y penser,

plutôt que de continuer à ronger mon frein pour rien.

Le serpent sait où il va

À moi de choisir mon destin.

Et de laisser une trace dans le sable… ou pas !



le-serpent.jpg

Sur les traces du serpent - Death valley, C.A.

 PHOTO : Johnny collangette (à ne pas manquer sur Facebook)

 

 

 

 

 

 

 

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