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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

le retour

Publié le 28 Janvier 2013 par la tortue à plumes in pastilles de vie

 

Caché sous les couches de vêtements,

invisible à l'inconnu,

Visible que pour moi,

comme un talisman

Des formes géométriques,

Des chaines pour lien,

Des couleurs,

La terre, le ciel, l'eau,

La matière,

La vie,

La force,

Les éléments

Quelque chose d'incroyablement fort,

Une autre dimension

Autre chose

Jamais je n'aurais osé

Et pourtant il était vraiment pour moi

Tu l'as compris

Tu me l'as offert

Pour les beaux jours,

Ne pas lui attribuer plus de pouvoir

Qu'il en a

Et pourtant, c'est lui que j'ai choisi

Pour cet hier si particulier.

la journée s'annonçait compliquée

Un enjeu relativement important

Les souvenirs qui allaient me remonter à la figure

Je le savais

Passage obligé

"comme la première fois où l'on revient sur le lieu de…"

c'était cela, il n'y avait pas de mort,

une séparation par consentement mutuel

une simple vente

pour un ailleurs différent,

plus apaisé, plus pratique, plus urbain

un ailleurs

mon aujourd'hui qui a transformé ma vie

les rencontres, les mots, les amies,

un autre environnement,

tournée la page d'avant

ouvert le nouveau livre à écrire

dehors,

il ne fait pas froid

il ne fait pas chaud

il ne pleut pas

il ne neige pas

il n'y a pas de vent

ni, ni, ni, ni

tiède et tourmentée

angoissée, stressée,

paniquée même

faire la route

cette route qui au fil des années allonge

le temps du voyage

les bâtiments qui poussent inlassablement

au fil du développement économique de la région

l'arrêt pour la énième fois sur cette aire d'autoroute

un sandwich

un café

le voyage reprend

les gerbes d'eau sur l'autoroute

les kilomètres défilent sur le cadran

la température baisse inexorablement

différence entre le bitume et la terre

Huit degrés au départ,

Puis six, puis cinq, et quatre, et l'alarme automatique de la voiture,

La neige est présente, pas encore fondue, les champs blancs et noirs,

comme le pelage d'un zèbre

Il faudra du temps pour que l'hiver disparaisse

C'est la campagne

Trois degrés et un petit demi-degré de rab à l'arrivée

La neige fondante tombe du toit pentu du petit lavoir

En des "flocs" réguliers

Oh ! çà glisse, un peu de verglas,

Le cadenas résiste

Je rentre dans le terrain,

Mon pas s'enfonce,

La terre est humide, froide, grasse, glissante, gluante

Elle happe le pas comme pour te garder

Au printemps les jonquilles ressortiront de cette gangue

Comme un petit miracle

Un mouvement perpétuel

Le grand arbre de Noël qui culmine à … très haut est toujours là

Il a échappé au bras meurtrier du nouvel occupant

Où sont passés, le pin, le pommier, le poirier et tant d'autres essences

Que je chérissais, que j'avais voulu

Les rosiers ont été arrachés, les iris

Il ne reste que les yuccas agressifs

J'y vois une image

Mon cœur est gros

Je ne suis plus chez moi

Je n'ai rien à dire

Je ne dirai rien

 

Des gens gentils nous accompagnent

Eux, j'aimerais bien qu'ils foulent la terre

Je sais déjà qu'ils l'aimeraient

Qu'ils seraient heureux de croquer une figue, une prune, une cerise ou un cerneau de noix

Chacun son choix

Accueil chaleureux chez nos anciens voisins,

Les portes s'ouvrent,

les grands sourires

Les enfants ont grandi

Le café est chaud, son arome nous enveloppe d'une douce bienveillance

si douce à mon cœur un peu gelé

C'était chez moi

Les tas de cendres de mes bouquins, des meubles… ne sont plus

Chez les uns et les autres, je vois des bouts de chez nous

Nous avons tant donné, tant abandonné des fragments de cette vie

Une brouette, un coffret, des fauteuils, des outils, des tables, des chaises…

Tant de choses,

Je ne peux faire un inventaire

Ce qui est donné est donné

aucun regret

L'herbe est grasse

La neige est encore là

Un rideau de brume commence à monter de la terre

Qui cet été verra le blé pousser

Le petit bois devant mes yeux embués va bientôt disparaître

Il est temps de reprendre la route

Faire le chemin vers le retour

Vers le chauffage, la ville, le cocon,

Sa proximité et ma nouvelle vie

Il n'y a rien à faire

J'ai encore laissé un petit bout de mon cœur

Je ne suis pas complètement guérie

Mais, je sais maintenant que je peux y retourner

Ne serait-ce qu'une fois

Une petite fois

Quand les arbres seront en fleurs

Quand les coquelicots refleuriront

Quand le soleil m'accueillera

 



 

 

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