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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

la tanière

Publié le 16 Juin 2012 par la tortue à plumes in pastilles de vie

Je suis dans la tanière, dans la soute, au fond du fond, je suis descendue dans le fond du bassin, je ne suis pas encore noyée, mais déjà je ne flotte plus, je survis, je vais remonter, surnager, survivre, vider mes poumons de l'eau nauséabonde, je vais vider mes poumons des scories qui m'encombre. Ah si je pouvais vider mon estomac des douleurs acides qui m'étreignent, soulager mes douleurs, ici et là, les bruits intérieurs que je n'ai pas voulu, qui ne me racontent rien de bon, rien de mal, un bruit de fond, incessant, indécent, inutile que rien ne peut arrêter.

Je me sens fragile, un peu perdue, j'ai trop donné, j'ai trop espéré, j'ai trop voulu. Trop forte, trop résistante, non, une feuille qui flotte sur le bord du ruisseau, le bord du ruisseau est plus beau que caniveau. Une éternelle petite fille vulnérable, chahutée par le monde extérieur, chahutée par un ciel en colère remplie d'un lourd brouillard gris, dont son esprit a du mal à faire la part des choses. Je ne vois plus de soleil dans mon âme, je me suis inquiétée, je me suis défaite, décomposée.

La tanière je veux rester dans ma tanière, attendre que le beau, la paix reviennent. Ne rien faire, que pourrais-je faire d'ailleurs. Je n'ai envie de rien, je me suis trop donnée, il faut que je pose mes valises, il faut que je pose mon âme sur un coin de table, que je trie tout ce que j'ai accumulé.

Je suis minérale, animale, mal, viscérale, morale, amorale, immorale ? non ! du cristal léger qui tinte et qui menace de se briser sans sommation.

Laissez-moi du temps, laissez-moi reprendre mon souffle, seule, je veux être seule. J'ai chaud dans ma tanière, je suis entourée de mes fantômes, de mes fantasmes, de mes rêves, de mes regrets, ne pas me bousculer, ne pas me réveiller. Juste et seulement laisser passer le temps, le temps et encore le temps. Une sorte de catalepsie, pendant laquelle je laisse mon corps absent de moi, pour qu'il m'oublie. Juste mon esprit qui vagabonde, se nourrit, se pardonne et s'abandonne. Chut !!! je ne suis pas là. Bientôt je reviendrai. Le ciel bleuit par petites tâches, je vais bientôt commencer à voir plus haut, plus loin, arracher le plafond de nuages, cette chape qui m’épuise. Voir au-delà, là-bas, si loin, entrevoir des sourires, des rires, plus loin que l'horizon, plus loin, toujours plus haut, ailleurs surtout.




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