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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

la première fois pour Adam

Publié le 31 Mars 2013 par la tortue à plumes in projet Paparemborde, CLEA COLOMBES, Laurent Contamin, ami(e)s de la tortue

La première fois que j'ai dit "non"

La première fois que j'ai éprouvé de la fierté



Cher Adam,

Autant te l'avouer, pour des raisons personnelles, ton binôme, Jacqueline a quitté le projet. Me voici donc. En deux mots, je suis une dame senior, j'adore écrire et je m'appelle É.

Je viens de lire tes trois lettres à la suite, mais je vais quand même te répondre pour les deux dernières lettres, une par une.

En fait, je suis très gâtée puisque je suis la seule à avoir la chance de faire partie de deux binômes, il faut juste que j'aie deux fois des idées pour mes premières fois alors je vais tricher un peu…

La première fois que j'ai dit non. Je suis comme toi, il y a dû y avoir plein de premières fois dont je ne me souviens plus du tout.

Tu sais quoi, je vais faire la rebelle ! c'est un peu mon trait de caractère, je vais te raconter ma presque dernière fois où j'ai dit non. C’est tout frais, c'était il y a quelques jours à peine. Je fais mes courses à Monoprix, tu connais ! le monde, l'attente, le bruit, la chaleur, la fatigue, l’ennui de faire les courses.

Caisse réservée aux achats de moins de dix articles ! mon panier comprend onze articles, j'ai compté ! dont un qui est en double. Pour moi c'est simple, çà fait dix ! et comme à cette caisse il n'y a personne je vide mon panier sur le tapis. Et j'attends mon tour ! C'est alors qu'une "bonne femme" je n'ai pas envie de l'appeler autrement, arrive, étale ses affaires, bouscule les miennes, commence à s'énerver en me disant que j'ai plus de dix articles, etc. Le ton monte, je m'énerve, elle jette mes affaires en l'air, tape dessus… et me dit de changer de caisse et me traite de tous les noms que je garderai pour moi. La caissière ne se mêle de rien, et tout le monde s'en fout ! si je puis dire ! Et bien, je n'ai pas bougé,

Et je lui ai dit "non" je ne changerai pas de caisse ! et je n'ai pas changé de caisse. Voici ma petite histoire de "pas la première fois" que j'ai dit non, mais de "presque la dernière fois" que j'ai dit non.

Voilà je te laisse, je vais relire ta troisième lettre et te raconter ma fierté.

Bien à toi.



 

Cher Adam,

Comme je te l'ai dit, je viens de relire ta dernière lettre pour notre projet.

Je te redis ce que j'ai écrit à Paul (mon autre binôme !) Ce troisième thème est très fort, car il met en marche un sentiment que parfois nous avons du mal à avouer, à maîtriser ou à accepter !

J'ai bien aimé ton texte sur la première fois que tu as éprouvé de la fierté, c'est drôle comme le sport est souvent lié à ce sentiment.

Bravo pour le pénalty ! J'aime bien le foot, enfin comme téléspectatrice, surtout les grands évènements, mais il n'y a pas de fierté... que du plaisir.

Ma première fois que j'ai éprouvé de la fierté ?

J'étais très jeune, je savais déjà écrire, et j'aimais déjà écrire. Il n'y avait pas la télé. Ce n'est pas triste, elle n'existait quasiment pas. Par contre, nous écoutions la radio. Je suis fille unique, il y a du bon ! et du moins bon !

Le jeudi, jour où il n'y avait pas classe, il existait une émission le matin pour les enfants, j'ai oublié le nom, mais je me souviens qu'elle était animée par Raymond Souplex ! un dinosaure ! tu ne le connais pas c'est normal. Si tu as la chance d'avoir des grands-parents, eux se souviendront surement.

Et il lisait à l'antenne les lettres des petits écrivains que nous étions. Un jour je me lançais et lui écrivis une lettre. ET ? Oui !!! une ou deux semaines plus tard, il cita mon nom et lut ma lettre. Je ne sais plus ce que j'avais écrit, aujourd'hui je garderais une copie, j'avais dû dire que je l'aimais beaucoup, c'était vrai (même encore maintenant j'ai tous les DVD dans lesquels il apparaît ! une autre de mes passions avec les animaux, le thé et… ce n'est pas le sujet). J'avais du écrire que je tapais sur la table quand je l'entendais ou une bêtise du genre et j'ai toujours sa voix dans ma tête et le bruit qu'il avait fait sur le bureau, en tapant, comme je l'avais écrit pendant qu'il lisait ma lettre.

C'était il y a, très très longtemps, dans un autre siècle, mais si tu savais la fierté que j'avais ressentie et le bonheur immense qui en découlait.

 

 

Voilà je te laisse, c'était ma dernière lettre.

Rendez-vous le 10 avril, j'ai hâte de te rencontrer.

Bien à toi.



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