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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

dimanche

Publié le 17 Mars 2013 par la tortue à plumes in pastilles de vie

Dimanche matin

 

C'est le week-end

Le dernier jour de la semaine

Le premier jour de la semaine

C'est selon.

Tous les jours sont des week-ends pour moi

Tous les jours sont égaux

Tous les jours ?

Non pas vraiment

Le dimanche est resté le dimanche

Celui de la trêve

Celui des beaux habits

Celui de la messe le matin

Celui des gâteaux de la pâtisserie

Celui des repas de famille

Il n’y a plus tout çà

Il n'y a plus de messe

Il n'y a plus de beaux vêtements

Parfois une pâtisserie

Qu'importe

Dimanche, c'est dimanche

C'est un jour sacré

C'est ancré

Rester dans le cocon

Rester près des siens

Comme çà

Juste parce que c'est dimanche

J’ai déjà vécu des milliers de dimanches, que c’est drôle de chiffrer.

 

En fait, c'est étrange ce besoin du dimanche

Car je n'aimais pas le dimanche

Je n'aimais pas mettre les beaux vêtements

Les beaux vêtements pour être belle

Mais tu n'es pas belle avec des beaux vêtements !

Il faut le dire

Juste montrer que tu as de beaux habits ?

Faire semblant de dormir pour ne pas aller à l'église

Parce qu'il fallait y aller ?

Pourquoi ne pas donner les réponses aux questions ?

Alors que c'est si beau d'aller à l'église

Quand tu en as envie

Sans que ce soit, ce jour, cette heure-là

Aller dans ta croyance

Je n'aime pas les contraintes

Alors je ne comprends pas pourquoi

Le dimanche a une telle importance

Dimanche parce que c'est le marché ?

Je n'y vais pas souvent

Aujourd'hui c'est dimanche

Un autre dimanche

Je ne mettrai pas de beaux habits

Je n'irai pas à la messe

Je n'irai pas à confesse

Je ne ferai pas un beau repas

Certainement le plat de pâtes traditionnel

Le plat de pâtes qui plait à tous

la chienne aura SA pâte

C'est ainsi

Le dimanche comme çà

Comme évasion

Je ne sais pas pourquoi

Je suis devant mon bol

Toujours lui

Encore l'Assam doré

Symbole de la joie, de la douceur, du plaisir d'être

Ne pas rigoler.

Un bol de thé c’est sacré

C’est un rite

Une sorte de foi

Mon Assam du dimanche

L'amant du matin

Par hasard

Le dimanche comme un symbole

Où tout devrait être beau

Prendre son temps le dimanche

Se laisser aller, ne pas regarder la pendule, suivre son instinct, son désir

 

Le pain grillé

Ah oui ! tout est venu du pain grillé

L'odeur du pain grillé dans le toaster

Avant il grillait dans la cheminée

Son gout était incomparable

Je le cherche et cherche ; en vain

Ma madeleine de Proust

Une de mes madeleines de Proust

Il avait un autre parfum

Je le chercherai toujours

L'odeur du pain grillé dans la cheminée,

Pain grillé couleur pain grillé

qui croustille et croque sous la dent

Du beurre de la baratte

Nous avions une baratte à la campagne

J'avais décidé de son emplacement

De son utilisation

Faire le beurre ? non

Mais un bel objet d'avant

Elle est restée là-bas

Avec mes souvenirs, mes regrets, mes remords

La cheminée

Bientôt une interdiction de plus

Interdiction des foyers ouverts dans les maisons à Paris

Et alors ? Et alors ?

 

Parce que le diesel ne pollue pas plus que la petite cheminée où tu regardes les flammes vaciller, quand tout est calme autour de toi, où l'incandescence des buches dans leur exaltation t'emporte vers d'autres cieux, où le craquement du bois, où la braise rougeoyante comme la petite veilleuse devant le tabernacle à l'Église ?

Le recueillement, la sérénité, l'apaisement, la douceur de vivre, l'odeur du bois, quand le bonheur se lit dans les yeux, où les joues rougissent, juste parce qu'il fait chaud, parce que tu es bien.

 

La cheminée à foyer fermé, mais le feu va étouffer, il ne va pas aimer, je n'aime pas les foyers fermés.

Je n'ai pas de cheminée, je n'ai plus de cheminée, c'est comme le pain grillé c'était une autre époque c'est dans mes rêves un souvenir de plus, un souvenir joyeux, un souvenir heureux le thé va refroidir il sera moins bon, le bol s'est éteint, la fumée n'est plus,

le pain grillé ramollir, le beurre, ce n'est même plus du beurre, qu'importe ils m'attendent

C'est dimanche c'est comme si c'était la fête la pluie peut ruisseler le long des carreaux, je ne la vois pas, je suis ailleurs, je suis un petit point lumineux, une phalène égarée dans le jour trop violent impatiente de retrouver la nuit.

C'est dimanche je vais faire avec ou sans selon l'humeur du moment.

 



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