Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

depuis mon arrivée

Publié le 26 Août 2011 par fuzzybabeth in Californie

P1010615.JPG

Depuis mon arrivée à San Francisco, que de tentatives d’écriture ! Les ébauches restent des ébauches. Les mots ne viennent pas, ou trop confusément pour en faire quelque chose. Il faudra que j’élève beaucoup mon niveau pour trouver le mot, la phrase qui décrira ou qui exprimera le plus justement possible la force de l’instant. Avoir une lecture décomplexée de ce voyage unique. Il ne viendra peut-être jamais, alors j’aurais dans ma tête des milliers de perles enfouies pour moi seule. Et ce sera déjà tellement beau. Des sourires, des images, des odeurs, des bruits, la porte qui ne s’ouvre pas, ne pas oublier la salade, «organic» de préférence, ne pas oublier le pourboire et les quarters pour la machine à laver.

Trop de souvenirs, de regrets, de joie, de bonheur, d’émerveillement, d’étonnement,  de «culpabilité» s’entrechoquent. Des pans entiers de ma vie me remontent en pleine figure. Il me faudra du temps pour décrire cette bulle dans laquelle je flotte, avec ce qu’elle m’apporte, me donne, me change. La lutte, dans cette ville en collines, contre mon physique. D’ores et déjà aucun autre voyage n’aura un impact aussi fort. Partager ses journées avec son fils est un bonheur rare, que je sais apprécier, et un exercice d’équilibrisme. Trouver la juste place, ne pas être invasif, s’effacer et exister pleinement. Le centre de l’échiquier se déplace. La relation mère-fils est là, pourtant… j’anticipe un peu, je sens que je commence à céder le pas. Le moment où le rapport s’inverse. J’ai connu avec ma mère. Passage étrange, déroutant.

P1010315.JPG

Les Californiens sont très courtois et respectueux des anciens. Ils se lèvent dans le métro pour céder leur place. Gloups ! Privilège des cheveux blancs.

Je suis dans un lâcher-prise puisque je ne gère rien, je ne maîtrise rien, pas même mes dollars. C’est aussi un choix. Je suis touriste, il est considéré comme un local et il fait tout cela si bien et dans un tel bonheur.  Quelle chance d’avoir un guide de cette qualité ! Il est ici chez lui. Je le savais. Je le vis. Je le vois et je comprends. Il évoque ses souvenirs de résident, me fait comprendre qu’il s’est senti un peu abandonné. J’entends. Chacun ses arguments. Le passé est le passé. Il n’empêche que l’émotion arrive.

Quelque chose me manque, j’avoue, une épaule pour m’appuyer, un bras pour me cramponner, une main à serrer. Sauf une profonde nuit après un dîner très arrosé, où nous avons descendu la colline, dans le brouillard, bras dessus bras dessous. C’était joyeux. Mais, des mots doivent être tus, des douleurs, des chagrins, des peurs, des angoisses. Il faut savoir rassurer, malgré tout, quand les nouvelles attendues n’arrivent pas. Difficile parfois.

Ici, bonne forme physique exigée. Dommage, ce n’est pas mon cas. Pourtant je fais très bien avec. La doudoune sur le dos, le chèche autour du cou, nous partons le matin, après que le brouillard se soit dissipé, de bonne humeur, vers une nouvelle journée.

Mes pensées sont comme le climat. Elles vont du soleil brûlant, au fog profond, aux légers nuages qui transpercent tout le corps laissant des petites gouttes perlantes aux yeux, au vent en rafale. Cinq minutes en t’shirt, une heure en doudoune !

Régulièrement, la terre bouge. Je n’ai encore rien senti. La nuit dernière les bouteilles ont bougé chez Guillaume. Pas chez nous. Il n’y a pas de bouteilles dans l’appartement.

Mes mots sont dans mes photos. Je traque le moindre souvenir, la moindre émotion, comme pour ne pas oublier, lorsque l’hiver arrivé, je revivrai autrement ces trois longues semaines californiennes. Je sais que le voyage est UN. Je ne vis pas un rêve de toujours, c’est autre chose, tellement différent et unique très difficile à décrire. Je vis mon énorme bonheur d’être là. Le brouillard vient de laisser la place au soleil, il est temps de sortir.

 

P1010368.JPG

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Soph' 31/08/2011 22:17



Tu vis à 300%, profites de chaque seconde, c'est fabuleux et je suis de tout coeur avec toi ma belle, laisse toi aller, tu verras c'est fabuleux.


Et c'est extraordianire de pouvoir faire partager tes émotions avec les gens qui t'aiment. Merci Babette.