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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

Californie (suite)

Publié le 16 Mars 2011 par fuzzybabeth in Californie

Californie suite et plus encore

 

Depuis vendredi, il se passe des évènements très contradictoires dans ma tête. Si le moment n’était pas si mal choisi, je parlerais de tsunami, mais  en raison de la situation du Japon, mes petites tempêtes qui agitent mon cerveau deviennent très anecdotiques. Cependant, mon cerveau est unique, surtout parce que je n’en ai qu’un et que je dois y faire entrer, sortir, circuler, digérer et analyser des milliers d’informations, de sentiments et de micro évènements qui me perturbent. Tous les sentiments s’y mêlent, la joie, la tristesse, le bonheur, les pleurs et les rires.

J’ai toujours vécu ainsi mais l’accumulation me rend la visibilité plus évidente.

 

Un séisme au Japon, le tsunami, les centrales nucléaires déjà peuvent suffire à créer un trouble pour une foule d’inconnus, dont on pourrait faire partie, et puis parce que je connais directement ou indirectement des français et des japonais qui sont directement concernés. Et même sans connaître personne, on peut penser aux autres.

Tout ceci me ramène à la Californie, il est vrai que c’est une de mes craintes, et d’ailleurs le tsunami a fini en douceur, cette fois ci sur les cotes californiennes. Le risque de grand séisme n’est pas un mythe. Quand, c’est une autre question ? La peur n’évite pas le danger. Mais quand au départ tu as peur de ces phénomènes naturels, et la nature est seule, maîtresse de notre destin, moi l’angoisse m’étreint. Je suis complètement les pieds dans les phénomènes météorologiques, ma pendule a été réglée pour y être sensible. Le froid, le chaud, le soleil, la pluie, les orages me dévastent intérieurement. Pourquoi ??? Une trop grande sensibilité. Je sais que l’on est rien. J’ai cette conscience là. Tout le monde ne l’a pas. Les gens mangent, dorment, respirent et ne pensent pas. Moi, si.

C’est pourquoi je m’accroche aux tortues, elles sont une espèce de rempart, je me dis que si elles ont survécu, je devrais survivre.

Vendredi soir, j’ai oscillé en moment heureux et insatisfaction. Tant d’énergie invisible….  

Vendredi, mon 1er printemps des poètes, un détail, quelques fourmis égarées dans une cave. Une jeune artiste japonaise, nous a fait partager ses chants, sa musique, son joli kimono. C’est comme çà que nous rêvons le Japon, les cerisiers en fleurs, le Fujiyama bienveillant. Et quid des 55 centrales nucléaires installées sur une power plate !! malaise !!!

Il n’y aura que quelques dizaines de milliers de morts, peu comparés à Haïti, et ou tsunami de 2004. Oui, pourquoi est-ce plus important ? Parce le japon est un pays hyper industrialisé et que les apprentis sorciers que nous sommes se rendent compte qu’ils sont entrain de tuer le monde, notre planète. Et nous n’en avons qu’une et nous sommes responsables de ces dégâts.

Dimanche, je me disais en plein déjeuner familial que peut-être dans quelques heures nous ne serions plus rien, des corps calcinés rigidifiés par une explosion nucléaire. Morosité.

Morosité, car mes proches vieillissent, je le vois sensiblement à chaque fois que nous nous retrouvons. Et puis nos enfants grandissent, prennent ou vont prendre leur envol. Oui, c’est normal. Non, ce n’était pas normal que d’une micro famille, une mini cellule familiale, je sois la seule à aller partager cet anniversaire. Tristesse. Désarroi. Je vous en veux. Ou merci de votre confiance, merci de m’avoir considéré comme la digne représentante de notre cellule « trizygote » !!

 

Retour d’Australie, une super conversation avec ma vraie fausse nièce. Moment délicieux. J’ai compris quelque chose hier, en fait j’ai fait un pas de plus vers le détachement. Je me connais. Je sais ce que cela veut dire. Ce n’est pas le lâcher prise, c’est le lâcher tout court. C’est un peu comme la trahison, si je ne peux plus rien faire, ne plus être utile, je coupe. Je l’ai violemment ressenti hier soir. Si, il part, c'est plus que le cordon qui sera coupé. Je suis ainsi. On verra bien. 

Seule dans la voiture, traversant le quartier des courtilles avec la police et les crs suite à un tragique fait divers une nouvelle fois dans ce quartier,

tout se bousculait dans ma tête. Je suis rentrée à la maison, pour me prendre le dernier coup de massue de ces derniers jours.

Mes anciens, le Japon, la Californie, l’Australie, l’atelier bijoux, les plumes, les tortues. Légèreté des plumes, longévité des tortues, c’est beau.

 

Fatiguée par une journée bruyante, un joyeux tintamarre, un joli moment familial, une petite puce de quelques mois. Pourquoi faire des enfants ? Cette petite fille m’a perturbée. Je crois que je n’aime pas les bébés. Je ne les ai jamais aimés, leur innocence m’ennuie. Ils n’ont pas trop de soucis, à part des petits rots qui ne sortent pas, des petites choses …

Mais pourquoi les mettre au monde. D’où certainement mon malaise et mon interrogation.

 

Pendant ce temps là les japonais meurent.

Je vois peu de bébés, c’est peut-être aussi pour cela que j’ai eu un choc entre ces mondes de morts et de vivants. Franchement je suis bizarre.

Pourquoi est-ce que chaque fête est une douleur à posteriori. Où sont les vibrations ?

Et quand il y a deux « quelqu’un », sans vibration, c’est trop. Je suis très malheureuse.

 

Un quelqu’un n’était pas à la maison, le soir. Le second est descendu me dire bonsoir et me raconter sa journée, plutôt sympa, sauf que…. La Californie est revenue indirectement sur le tapis. Même pas indirectement. Il n’a qu’un objectif y repartir. Problème de visa, autrement il ne serait pas rentré il y a deux ans. C’est encore plus violent avec l’histoire du Japon. La Californie, la faille de San Andreas, la centrale nucléaire, construite sur la faille. Déjà, quand il était parti j’y pensais. Je connais ce sentiment de peur en Italie, les séismes sont latents. J’ai vu les dégâts, j’ai senti les vibrations de petites secousses. Et il veut partir là-bas. J’ai peur. Voilà c’est tout. Sans compter les douze heures d’avion. Il n’est pas parti. Mais, je sais qu’il faut qu’il parte, et je ferai tout pour cela. Mes sentiments ne comptent pas. Son bonheur avant tout. Je sais que je vais le payer cher. Mais on ne fait pas les enfants pour soi. Mais lorsque l’on assume de les mettre au monde, le minimum est d’essayer de les rendre heureux. C’est simple. Pourquoi y a-t-il tant de parents sourds ???

 

 

 

 

 

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