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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

Alfonsina y el mar

Publié le 29 Novembre 2012 par la tortue à plumes in pastilles de vie

 

ALFONSINA STORNI

 

alfonsina.jpeg

Le choc :  j'ai failli écrire "p…..." en attaque de phrase !

Que c'est bon lorsque les choses s'imposent comme une évidence, alors que deux minutes plus tôt, ton trip était tout autre, et que tu n'aurais pas donné un kopek sur cette idée.

 

Le hasard, les connexions, l'inconscient ont encore fait leur œuvre.

 

11 h dans mon bureau, je m'attaque au quotidien. Dehors la pluie renforce encore le gris du ciel et de l'ambiance générale.

Interférence : Il n'a pas compris, ce que je lui disais… Il est en train d'essayer de remonter un petit caisson Ikea devant mes yeux. J'avais demandé de remonter le meuble pas de le remonter ! (Devos n'est pas loin) je voulais juste vérifier si j'en avais l'utilité. Une fois de plus incompréhension mutuelle. Bref ! je n'avais pas dit que je voulais faire atelier dans mon bureau. Bref ! il y a du bruit et il grommelle et râle comme d'habitude, ce qui m'agace prodigieusement ! (finalement le petit caisson sera monté et prêt à être utilisé. Je lui dirai merci.)

et du coup j'ai du mal à me concentrer sur ce qui vient de se passer, comme un écheveau que l'on déroule et qui découvre des fils d'or…

 

Synchronisation de l'iPhone, ouverture d'iTunes : pas le choix. Décision : écouter un peu de musique. Ce sera, comme souvent,  Avishaï Cohen depuis que je l'ai découvert, pas  seule ! l'année dernière. D'un coup la révélation. Je choisis "Alfonsina y el mar". Mon cerveau se réveille. C'est actuellement le titre phare du nouvel album de Pagny. Ma curiosité s'emballe, un petit tour sur la toile … et miracle, ce soir je pourrai me coucher riche d'une petite pièce supplémentaire au puzzle personnel de ma connaissance.

Le moment est arrivé, jusqu'alors, il est évident que je n'étais pas prête à découvrir cette œuvre.

C'est beau, j'adore, ces moments magiques qui me font supporter tout le reste.

Alfonsina… tu es une révélation.

Je repense, comme toujours à ma copine, Frida, une quasi contemporaine, même continent, née 9 ans seulement après Alfonsina,  je suis sûre, d'instinct, que tu vas prendre une place dans mon panthéon des femmes que j'admire et qui m'émeuvent tant.

Comme je ne suis jamais dans la demi-mesure, je fonce lire la biographie d'Alfonsina, ce que j'y vois me remplit d'émotion et d'admiration.

Je comprends pourquoi, internet dénombre 62 versions de la chanson qui lui a été dédiée! des interprètes d'un éclectisme phénoménal de Maurane (dont j'ai la version, mais que je n'avais pas "entendue". Bof ! mon Dieu que l'on est sourd parfois, plutôt souvent que parfois)(Nougaro, Alfonsina, l'Olympia, etc.) en passant par Mercedes Sosa, sans doute la plus belle version ! Nana Mouskouri , et Miguel Bosè !  *

 

C'est à ces instants que je mesure combien la philo me fait grandir. Les frissons dans le dos, le bonheur de vivre, de découvrir. Aurais-je assez de temps pour remplir encore mon escarcelle de petites et de grosses pépites de connaissance et de reconnaissance et de tant d'autres choses ? Tout s'emboite, tout s'organise, tout est relié !

 

Ma raison doit vaciller, ou mon imagination être trop prolixe… son pseudonyme de journaliste était : Tao Lao ! çà ne s'invente pas. Le TAO, Lao Tseu…

La poésie, la difficulté de la vie quand on y réfléchit un tout petit peu, sa richesse aussi, la rencontre avec les autres.

Et… l'autre jour nous parlions de tango … donc d'Argentine, vas-y fonce, va danser le tango mon amie, cette sensualité devrait t'aller si bien.

Merci Alfonsina…

 


Voy a dormir (je vais dormir) 1938


Dents de fleurs, coiffe de rosée,
mains d’herbe, toi ma douce nourrice,
prépare les draps de terre
et l’édredon sarclé de mousse.

Je vais dormir, ma nourrice, berce-moi.
Pose une lampe à mon chevet;
une constellation, celle qui te plaît;
elles sont toutes belles : baisse-la un peu.

Laisse-moi seule : écoute se rompre les bourgeons…
un pied céleste te berce de tout là-haut
et un oiseau esquisse quelques voltes

pour que tu puisses oublier… Merci. Ah, une dernière chose :
s’il venait à me téléphoner,
dis-lui qu’il n’insiste pas et que je suis sortie…

(A.Storni poème testament écrit trois jours avant de se suicider.

(traduction Egon Kragel)



Liens :

http://schabrieres.wordpress.com/2010/01/20/alfonsina-storni-je-vais-dormir-voy-a-dormir-1938/

http://www.musicme.com/#/Alfonsina-Y-El-Mar-t246673.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfonsina_Storni

http://www.lacoccinelle.net/268376.html

 


Merci à Florent Pagny qui inconsciemment a instillé cette musique dans mon crâne. Il fallait juste que la tortue se mette en mouvement.

Par contre, un grand coup de gueule : je ne trouve aucun bouquin en français sur le net. grrr !

Algunas obras existen en castellano pero tengo miedo no comprendrer todo perfectamente, sin embargo como soy muy curiosa… voy a tratar de recordar mi español…

* pour en finir avec les connexions, je m'aperçois que les artistes que j'ai énumérés sont les mêmes que sur Wikipedia

   (ou autres sources) alors que je n'avais pas encore lu l'article. trop fort !  

 

 

 


Paroles et traduction de "Alfonsina y el Mar"  (auteurs : A. Ramirez et Félix Luna)

 

 

Por la blanda arena que lame el mar
Sur le sable blanc que lèche la mer

Su pequeña huella no vuelve más
Sa petite empreinte ne revient pas
Y un sendero solo de pena y silencio llegó
Et un sentier seul de peine et de silence atteint
Hasta el agua profunda
L'eau profonde
Y un sendero solo de penas mudas llegó
Et un sentier de peines tues va
Hasta la espuma
Jusqu'à l'écume

Sabe Dios que angustia te acompañó
Seul Dieu sait quelle angoisse t'a accompagné
Qué dolores viejos calló tu voz
Quelles douleurs anciennes tu as tues
Para recostarte arrullada en el canto
Pour t'allonger bercée par le
De las caracolas marinas
Chant des conques (**) marines
La canción que canta en el fondo oscuro del mar
La chanson que chante dans le fond obscur de la mer
La caracola
La conque

Te vas Alfonsina con tu soledad
Tu t'en vas Alfonsina avec ta solitude
¿qué poemas nuevos fuiste a buscar ?
Quels poèmes nouveaux as-tu été chercher ?
Y una voz antigua de viento y de sal
Et une voix antique de vent et de sel
Te requiebra el alma
Te réclame l'âme
Y la está llamando
Et l'appelle
Y te vas, hacia allá como en sueños,
Et tu t'en vas vers l'au-delà comme en rêves
Dormida Alfonsina, vestida de mar.
Alfonsina endormie, vêtue de mer
Cinco sirenitas te llevarán
Cinq petites sirènes t'emporteront
Por caminos de algas y de coral
Dans des chemins d'algues et de corail
Y fosforescentes caballos marinos harán
Et des hippocampes marins et phosphorescents feront
Una ronda a tu lado.
Une ronde à tes côtés.
Y los habitantes del agua van a jugar pronto a tu lado.
Et les habitants de la mer vont jouer bientôt à tes côtés

Bájame la lámpara un poco más
Baisse un peu l'intensité

Déjame que duerma, nodriza en paz
Laisse-moi dormir nourrice en paix
Y si llama él no le digas que estoy,
Et s'il appelle, ne lui dis pas que je suis là
Dile que Alfonsina no vuelve.
Dis-lui que Alfonsina ne revient pas
Y si llama él no le digas nunca que estoy,
Et s'il appelle, ne lui dis jamais que je suis là
Di que me he ido.
Dis-lui que je suis partie.

(**) La conque est le coquillage dans lequel nous entendons la musique de la me. L'allusion a deux niveaux de lecture  : référence à la musique, à la poésie et à la mer, mais la caracola a comme synonyme en espagnol la concha, qui représente également le sexe féminin (moule en français). Allusion à la bisexualité d'Alfonsina, qui trouve dans la mer son idéal et vit librement son homosexualité.
 


 

http://www.dailymotion.com/video/xat9qe_mercedes-sosa-alfonsina-y-el-mar-in_music


 

 

 

 

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