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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

7.O7

Publié le 30 Novembre 2012 par la tortue à plumes in pastilles de vie

 

Je soulève un coin de paupière, il fait encore très nuit puis j'appuie sur le bouton du gros réveil bleu.

7.07 : indiquent les lettres rouges sur le plafond au-dessus de ma tête.

Tel un zébulon, je viens d'être tirée de mon sommeil pour une raison que j'ignore encore.

Mal aux épaules, aux bras. Mal de crâne aussi, tant qu'à faire ! j'en connais l'origine :

Une maille à l'endroit

Une maille à l'envers

Non ! que nenni !

Une maille à l'endroit

Une maille à l'endroit

Je suis capable de faire mieux

Mais le temps est à l'efficacité, et puis laisser mon esprit vagabonder sans se casser la tête dans des calculs compliqués de mailles !

Vite, vu le climat, que je finisse la grande écharpe en laine multicolore

Déjà la troisième pelote est en train de capituler

Un léger ronflement loin à ma droite. Tout va bien. Mon homme dort paisiblement. Je suis rassurée.

Miss t'chi n'a que cure de ce réveil brutal, et continue sa nuit affalée le long de mon échine.

Juste un coup d'œil étonné qu'il puisse déjà être l'heure de quitter ce lit si douillet.

Je bondis du lit, tel un dinosaure déglingué, il faut dire que j'ai fait très fort hier soir, non contente, d'avoir avalé un bol de camomille, ma drogue, et un plat de blancs de poireaux, j'ai conclu par une velouteuse et délicate soupe de légumes aux herbes de M. Veyrat. Pauvre vessie !

Machinalement, un coup d'œil sur mon iPhone. Il me confirme qu'il est bien 7.07. L'écran est déjà rempli de posts d'hier soir ou de ce matin ? J’ai des copines du soir et du matin, moi c'est selon… on verra plus tard, sans les lunettes je n'y vois rien, et je m'en fous un peu, ce n'est pas encore l'heure de reprendre contact avec la réalité.

Une once de panique me gagne, les piles de la radio ont rendu l'âme pendant mon sommeil, et l'écouteur nocturne greffé dans mon oreille, n'émet plus un seul son.

Me voici coupée du monde sans le ronron des voix de la radio. Des voix encore de la nuit, ou peu s'en faut, où l'on sent le manque de sommeil et les litres de café ingurgités pour tenir le coup, où l'on sent la vie des gens définitivement. Des voix qui, en surbrillance, me feront oublier un peu les acouphènes insolents qui me pourrissent la vie, et pas que la nuit.

Ma vessie… et changer les piles de la radio. Certains ont des préservatifs sur leur table de chevet, moi ce sont mes lunettes, mes livres, et un stock de piles qui m'accompagnent. Chacun son truc.

Je vais pouvoir écouter les nouvelles. Les entendre est une autre chose ! Pas plus nouvelles,  plus gaies que celles d'hier. C'est ainsi. Tronquées, sélectionnées, rabâchées, inaudibles en fin de compte.

Ma vessie soulagée, le parfum du savon frais sur mes mains, je me remets au lit, après avoir fait une caresse à Miss T'chi qui m'offrira son regard si doux, je pourrai éteindre la lumière, refermer les yeux et repartir pour une tranche de sommeil. Ma préférée comme une vengeance pour les décennies passées à se lever au son du réveil.

Alors, le jour sera levé, un jour cotonneux de novembre, les oiseaux frileux esquisseront, ou non, un pauvre chant enroué, quant à moi, je m'installerai devant mon rituel grand bol de thé fumant.

La journée pourra commencer.

 


 

Commenter cet article

lehu 01/12/2012 10:44


Me voilà rassurée ! tu t'es recouchée. J'ai failli croire que tu te levais pour de vrai à 7h.


Me voilà rassurée ! tu t'es remise ç écrire. Mais je n'ai jamais failli croire que tu n'écrirais plus.


Me voilà rassurée ! Ou pas . J'aime toujours autant te lire


Et merci de me faire découvrir ces artistes que tu glisses ça et là entre deux lignes, entre les lignes. Entre les mots, tes mots et le file de tes idées.


Bizz ma Oupa