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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

place de la nation

Publié le 27 Mars 2020 par la tortue à plumes in 2020, club écriture CSC Fossés-Jean Colombes, PO & ZIE, ami(e)s de la tortue

 

Le contexte > Instagram > poème d'un ami, une illustration touchante, surtout un lieu : Place de la Nation mon fief pendant cinq décennies.

Alors, envie de partager, envie de faire écrire les participantes du Club écriture du CSC des Fossés-Jean (Colombes)

Un plaisir de révéler les textes écrits, chacune ayant choisi comme trame de son propre texte 6 mots porteurs.

Merci à vous toutes qui avez si bien relevé le défi.

Merci à Didier de m'avoir permis de le faire.

Et maintenant, le plaisir des textes.

Ces textes ont une valeur particulière car ils font partie du dernier atelier in situ avant le confinement imposé pour lutter contre le Covid19. Ils sont dédiés à Didier pour son autre casquette, un métier que nous saluons tous les soirs à 20h de nos fenêtres. Bon courage.

=====

place de la nation
Tellement de choses
Viennent à me
Traverser l'esprit
Comme le temps
Passe si vite
Une feuille puis deux
Tombent une après l'autre
Comme un goutte à goutte
Je n'ai rien à demander
Si ce n'est rien à perdre
De la seconde
De la minute
De l'heure
Ce temps si précieux
Que l'on accordera à l'autre
Je me suis assis
Dans le lointain
Je m'oublie et je me fais oublier
Je reste là encore et encore
Que faire après le vide et le silence .
De vouloir
S'effacer
De dissimuler
Les larmes
Sous les yeux
De la pleine lune
J'ai été désabusé
J'ai été usé
Par le temps
Par l'émotion présent
De mon coeur
Sur ma vie
Que vais je
Ici sous les
Feuilles jaunâtres
Tombantes
Le temps passe
L'homme ressasse trop
Pour aimer son présent
Je le ressens trop
C'est si peu de choses
 
tous droits réservés
=====
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Elle était arrivée en avance en haut de la colline. En avance à leur rendez-vous sur le banc, sous le grand chêne. Elle s’était vite extirpée du brouhaha de la ville pour monter sous l’arbre. Elle voyait dans le lointain les toits s’obscurcir à mesure que le jour descendait.

Elle savourait cet instant précieux. Emmitouflée dans son blouson et son écharpe bien chaude,

elle contemplait les feuilles jaunies virevolter dans la brise du soir. Elle profitait de ce temps de silence pour faire le vide. Les pieds bien à plat sur le sol, elle se sentait enracinée à côté de l’arbre. Immobile, elle faisait, elle aussi, partie du paysage. Partie du tout. Reliée au tout.

Un petit oiseau vint se poser près d’elle sur le banc. Il entonna son hymne au jour qui s’en va. Elle aurait bien tourné la tête pour le regarder, mais elle ne bougea pas. Ne pas l’effrayer. Le laisser continuer sa mélodie. Alors, elle ferma les yeux et se laissa porter par les trilles de

l’oiseau. Il resta là un moment puis s’envola d’un battement d’ailes. Tout redevint silence.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, la nuit était tombée et la pleine lune montait au-dessus des toits de la ville. Bientôt, elle serait haut dans le ciel. La pleine lune du renouveau, c’est elle qu’elle attendait sur son banc. Elle voulait se baigner dans sa lumière. Capter toute son énergie.

Carine

✍🏻✍🏻✍🏻


 

La lune pleine et resplendissante régnait dans le ciel gris comme une impératrice sur son royaume.

Autour d’elle, le silence. Un silence de planète inhabitée par l’homme.

Elle avait dissimulé son chagrin toute la journée et maintenant elle pouvait laisser couler ses larmes.

Assise sur un banc dans le parc vide où seul un oiseau annonçait l’aube prochaine, un arbre triste pleurait de toutes ses feuilles. Elle attendait l’aurore avec le cœur gonflé de solitude et  ses yeux mouillés réfléchissaient l’astre nocturne.

Carmin 

✍🏻✍🏻✍🏻


 

Je ne ressens aucune émotion, je me suis enveloppée, je me fige, je m'isole.

La seule vie autour de moi, ce sont ces feuilles qui s'égrènent doucement comme pour m'apaiser, me rassurer. 

Elles sont le seul spectacle auquel je puisse prétendre, sans abri pour dormir, je ne bouge pas, essayant de faire le vide autour de moi, un vide qui me protège du mauvais temps. Seuls mes yeux clignent un peu. L'oiseau n'en revient pas. Il peut se poser sans inquiétude à côté de moi.

qui . 

Annie

✍🏻✍🏻✍🏻


 

Quand j'ai le temps le matin, comme souvent, je me suis assise sur le banc juste sous l'arbre.

Dans ces cas là, mon regard se perd dans le lointain.

J'aime le silence qui y règne.

A chaque fois que je me pose là, je repense à nous et les larmes me montent aux yeux. C'était le temps du bonheur.

Les choses sont compliquées parfois, tout allait bien pour nous et tu es partie pour un monde dit meilleu.

Peut-être un jour les hommes comprendront que d'aimer une personne de même sexe n'est pas tabou mais que c'est juste de l'amour.

Aicha

✍🏻✍🏻✍🏻

 

 

Assise sur un bout de banc, 

Je rêvasse à mes hiers,

Repensant à mon innocence perdue,

Et mes actes manqués.

 

Je laisse couler une larme, puis deux

Certes visqueuses, mais réconfortantes.

Tant de choses se sont produites,

Ces dernières minutes.

 

Mon horrible et ténébreux maître,

Cet amant que je me suis prise,

Pour oublier ma condition, 

Est mort !

 

Que vais-je devenir ?

Roselyne

✍🏻✍🏻✍🏻

 

Les feuilles tombent sur le banc et dans le vide,

Le temps, tellement précieux, traverse le silence,

L'oiseau écoute le murmure

Que susurre

La dame à demi endormie,

Tandis que l'arbre offre ses larmes d'émotion

Au présent qui sourit.

Odette

✍🏻✍🏻✍🏻

 

Dans un parc,

Ce matin, réveillée par un couple de pigeons qui roucoulent sur le rebord des fenêtres vitrées de ma chambre,

je décide de sortir me promener, marcher jusqu'au parc.

Le temps file vite, mais je ne m'en rends pas compte car je n'ai rien de particulier à faire, pas de projets.

Dans le parc, je la découvre, assise, solitaire sur un banc, enveloppée dans un grand châle.

Pas solitaire.

En réalité, elle est tournée vers une pie perchée à l'autre bout du banc.

Ils semblent en communication.

Et les feuilles jaunâtres dansent autour de ce couple insolite.

Je reste immobile pour les observer de loin, à loisir, à plaisir.

Je ne souhaite pas m'insinuer dans leur moment d'intimité.

Chacun son bonheur.

Chacun son moment de silence.

Dans le silence surgit l'émotion sans mots.

Dans la nature, chacun peut se revitaliser.

Pourvu que les promoteurs immobiliers ne repoussent pas tous nos parcs, toute notre verdure sur les toits.

Terrienne je suis.

Besoin de sentir la terre sous mes pieds.

Je communique avec elle et continue de contempler de loin cette scène intime.

Moment de bonheur pour moi qui suis sortie dans la douceur de ce matin grâce à deux pigeons qui roucoulaient.

Myosotis

✍🏻✍🏻✍🏻

 

 

 

 

Le temps guérit les blessures

C'est par un temps d'automne,

Morose et maussade,

Ambre, 17 ans, jeune dynamique,

Pétillante, bonne élève en classe,

Découvre son petit ami Kévin,

Avec sa meilleure amie Charline

Sous le préau du lycée Jacques Brel

Très affectée, elle sort, court le plus 

Rapidement possible, le plus loin

Essoufflée, elle trouve un banc

Elle s'assoie, le regard lointain,

Usée par sa séance de sport

Mais plus par ce qu'elle a découvert.

Elle repense à cette scène

Elle finit par fondre en larmes

Les larmes coulent sur sa joue,

Elle suffoque et a du mal à reprendre sa respiration

Attristée, elle a le cœur brisé

Sans savoir si un jour elle leur pardonnera

C'est une trahison, toujours assise sous un chêne,

Les feuilles tombent, et pour soulager son coeur,

Elle crie un bon coup. Les oiseaux effrayés s'envolent,

Puis s’apaise et se dit : "c'est un gros con"

Et qu'un jour, le temps guérira les blessures

Et que le plus important c'est son présent,

Faire une croix sur son passé et enfin

Construire son futur seule ou à deux.

Car pour Ambre, seul l'avenir le dira.

Elle se lève et rentre chez elle toujours avec

Cette triste amertume dans le froid le plus total.

Speedy Kart

✍🏻✍🏻✍🏻

 

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