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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

François et Fernande suivi de Si jétais

Publié le 11 Février 2018 par la tortue à plumes in 10e appel à écriture, concours, Gens du Monde association

10e concours d'écriture :
GENS DU MONDE / EDITIONS EPINGLE A NOURRICE
CATEGORIE CONTE :
2e prix conte épistolaire
=====
 
 
François et Fernande.
Et moi, j’attendais une réponse.
Comment cela aurait-il pu être possible ? Dans une boîte, au décor couleur renard argenté, je retrouve ce brouillon. Certainement une lettre qui vous était destinée. Si j’avais su. Il n’est jamais trop tard, dit-on !
“Chère mémé,
Cher pépé
même les yeux fermés pour toujours, vous n’êtes jamais très loin de moi.
Une photo, un objet, une sensation, un bibelot, une musique, un parfum, un plat de macaroni au gratin tout me ramène vers vous,
vers cette tendre enfance que vous avez illuminée de votre présence, de votre amour.
Vous étiez mon paradis où j’étais moi, juste moi. Je ne me souviens pas de fâcheries avec vous.
J’avais la chance que vous ayez deux maisons. L’hiver c’était Combs la Ville, l’ appartement de fonction au dernier étage de cette prestigieuse cristallerie. C’est en déambulant, à ma guise,  du four ronflant à l’usine, d’où sortaient de précieuses merveilles que j’ai appris ce qu’étaient la beauté, la passion, l’art,  et ce que représentait la valeur du travail.
Pépé, tu m’as fait découvrir la musique et la fanfare et  Ketelbey.
 
J’aimais tout de vous.
J’aimais l’odeur des savons qui séchaient dans  la cuisine.
j’aimais les Noël et le Père Noël qui me laissait des cadeaux, après avoir mangé le fromage et bu du vin, celui de tes vignes de Draveil. Quelle découverte que les vendanges qui donnaient lieu à une vraie fête entre amis.
Je crois que vous m’avez appris, sans le savoir, l’amour de la vie, de la nature, de la terre, et la curiosité qui va avec.
Où sont ces doux moments ? je le sais dans ma tête.
Comment oublier ?
Vous êtes beaucoup plus que vous ne croyez mon alpha et mon oméga oserai-je ajouter.
Comme j’aimerais vous serrer dans mes bras, vous embrasser, et sentir votre souffle et votre chaleur sur ma peau.
Je vous embrasse si fort que mon coeur se serre et me laisse seule et désemparée les larmes au bord des yeux.
Votre petite fille unique.
Babeth
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https://editozap.jimdo.com/concours-d-ecriture

https://editozap.jimdo.com/concours-d-ecriture

Une chanson douce que me chantait ma maman…*
Si j’étais,
mais je ne suis pas
si je pouvais
ce serait mon souhait.
 
Tandis que les nuages courent dans le ciel
les images défilent dans mon cerveau
s’emmêlent, se chevauchent
s’estompent, reviennent, repartent,
impossible pour l’instant ni de les arrêter
ni de les capturer.
J’en ai le souffle court
une douleur dans la poitrine
une souffrance infinie et intime
j’aimerais tant te retrouver
j’aimerais tant remonter le temps
remonter à contre courant
nous retrouver tout simplement
il est trop tard,
beaucoup trop tard
des années trop tard
puisque tu es partie
il y a bien longtemps.
La froide dalle de granit ne m’offre aucune réponse
aucune solution.
Pourquoi faut-il une vie pour comprendre,
ce qui nous permettrait d’éviter
ces tourments ultérieurs
ces insomnies profondes
ces désespoirs sans fond.
Je creuse dans ma caboche
je cours après mes souvenirs
pourquoi n’y a-t-il pas de doux souvenirs
qui viennent jusqu’à moi
de nous deux
que de nous deux
dis le sais-tu ?
J’écoute Debussy
je me dis que tu ne l’aimais pas
qu’avions nous en commun ?
le sang !
ce n’est pas toujours suffisant.
 
Je n’y arrive pas
Il n’y a plus d’espoir de retour en arrière
trouver un modus vivendi
pour le temps qui me reste.
Tu n’aimais pas jardiner
moi, c’est mon bonheur
tu n’aimais pas les chats
tu n’aimais pas attendre
tu n’aimais les roses rouges que dans un vase
je les aime dans le jardin
fières et généreuses
érigées sur leurs tiges épineuses
se balançant au gré du vent
m’offrant leur parfum
à chacun de mes passages
comme un cadeau venu du ciel.
Tu étais née dans le centre de la France
ta vie n’y avait pas été facile avec ta grande fratrie.
Tu aimais être belle
toujours tirée à quatre épingles
avec de jolis tailleurs aux couleurs acidulées
chapeau,
gants,
et sac assorti
en toutes saisons.
Bien sûr, il y avait cette lueur bleu acier dans ton regard,
des yeux bleus dont j’aurais pu hériter.
Malheureusement,
nous ne nous sommes jamais rencontrées
ou si peu.
Evidemment que je t’ai aimée, que je t’aime encore
peut-être plus maintenant
mais ce qui est fait est fait.
Je sais que tu aimais papa
et par dessus tout tes élèves
j’ai toujours tes cahiers de préparation de cours.
Je n’ai rien balancé !
des petites merveilles
il est question de calcul, de compas, d’histoire et de dictées.
Ta vie en fut même brisée
lorsque j’avais à peine huit ans
c’est peut-être là que notre complicité s’est terminée.
Jamais je ne t’ai quittée pourtant.
 
“Françoise m’a offert une photo.
J’en ai été très émue.
une photo douce venue d’un autre siècle…”
Tu es souriante, très belle,
les cheveux impeccables comme toujours,
c’est l’été,
tu n’as pas de lunettes,
tu sembles heureuse.
Depuis  ta photo ne quitte pas mon bureau
et mon regard avec,
malgré cela je ne sais toujours pas qui tu es
il aurait suffi peut-être de presque rien.
J’ai oublié : je t’appelais maman.
=====

"L’important est d’aimer, sa famille ou son chien

L’important est d’y croire, et de tout leur donner.

L’important est d’aimer, sans se faire remarquer

L’important est d’y croire, et de toujours y croire"

erc

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