Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par la tortue à plumes

Lundi matin
 
tout est immobile
sauf les avions qui sillonnent le ciel
direction Roissy
ou ailleurs
 
un soleil timide
un ciel bleu pâle
aux filaments de nuages
eux aussi immobiles
ici et maintenant
un petit souffle de vent
qui calme, qui apaise les tensions de la nuit
une nuit, une nouvelle nuit terrible,
cauchemar, violence, trahison, incompréhension
conflits
tout ce que je n'aime pas
tout ce qui ne correspond pas à mon image de la vie
 
je n'étais pas à Londres et ses horreurs
j'étais en un lieu qui importe peu
la situation quant à elle était dramatique
quelques heures après,
des bribes restent inscrites dans mon cerveau
et ce n'est pas beau
 
Descendre dans le petit jardin,
abritée, sous les arbres
méditer
s'entendre sans s'écouter
laisser faire le temps paisible de ce matin férié
se laisser envelopper par le vent,
par le soleil, par le calme environnant
fermer les yeux et rêver
et puis dégourdir un corps mal mené,
fatigué, engourdi, ankylosé par ce négatif
poisseux qui colle au corps et à l'âme.
 
Alors, se lever de la grande table
à la nappe aux carreaux rouges et blancs
quitter le petit déjeuner,
le premier havre de paix et de réconciliation du matin,
non sans avoir donné une miette à la petite chienne
croquer graine à graine le muesli
comme si chaque grain apportait la vie brute, pure
indispensable à l'équilibre
et puis en regardant le grand arbre rouge qui secoue ses feuilles
en un geste amical
fermer les yeux
 
prendre la position pour s'ancrer dans la terre
et se mettre en position de l'arbre
l'arbre du qi gong
depuis si longtemps oublié
alors que je n'aurais jamais du abandonner
vérifier la positon
le niveau sonore de la musique
pour écouter à la juste hauteur la musique
et le bruit des vagues qui s'étalent sur une grande plage inconnue.
 
Chercher son arbre
l'arbre ne vient pas
le vrai arbre,
je vois une forêt, des dessins, des arbres en papier
le vieux chêne multi centenaires détruit par un pauvre crétin
peut-être avait-il une raison après tout,
mais pourquoi priver cet arbre de sa vie
et nous de sa vue ?
 
baisser le son, la musique est trop forte
les vagues m'emportent
toujours pas d'arbre,
mais ancrée dans le sol je me sens bien
je me sens à ma place
je pourrais rester là pour l'éternité
les tensions s'évanouissent
le temps s'est arrêté
je reprends un souffle souple
mes doigts sont légers
apesanteur
évasion.
 
Soudain les mots se bousculent
ils sont impérieux
alors prise entre deux bonheurs,
je choisis les mots
il faut les poser
il faut les ordonner
les poser sur le papier
ou plutôt,
mais c'est moins poétique
les déposer lettre après lettre sur le clavier de l'ordinateur
ne pas rater de lettre
ne pas rater de mots
continuer avec la musique.
 
Je sais que quelque chose est en train de se passer
Gi Gong je reviendrai
je reviens déjà
j'ai tant besoin de toi
de ton apaisement
de ta force
de ta sérénité
de ton ancrage profond
de la communion avec la vie, la nature, l'autre,
de la communion avec moi-même
ma paix intérieure.
 
Pour l'instant le cauchemar est toujours là
pourtant
j'ai encore sur la joue la fraicheur du coup de langue léger
de la petite chienne venue essuyer les larmes qui avaient coulé sur ma joue.
 
Le temps apaisé
je reprends la vie ordinaire
celle de la maison et de ses passages obligés,
mais pourquoi obligés ?
Ceci est une autre histoire
ou peut-être la même !
=====
 
 
photo ERC

photo ERC

Commenter cet article