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Publié par la tortue à plumes

Ni le jour, ni la nuit,
trop tard pour la nuit,
trop tôt pour le jour
ombre et lumière
seuls les chats ont étiré leurs pattes,
lissé leurs moustaches et sont déjà partis chasser
on ne voit rien dans ce néant de cette non-zone, de ce non-moment
la buée recouvre les voitures devenues des formes liquides ne demandant qu’à se fondre dans le caniveau
la rosée a postillonné sur les trottoirs
et les plaques d’herbes folles des gouttelettes d’eau polluée
le lampadaire est en bout de course, il est temps que le jour se lève,
il n’a qu’une envie s’éteindre et s’endormir jusqu’au soir
il n’est plus qu’un point orange qui distille une lumière indifférente
un ballet d’ombres danse, se balance entre les traces de buée
du pare-brise d’une voiture assoupie
ni le jour, ni la nuit,
seuls les réveils savent
ils sonnent dans les chambres
des fenêtres s’allument
une odeur de café se répand dans la rue
se mêlant à celle des croissants à peine sortis du four
minute après minute
la nuit, à petits pas comptés, s’efface
bientôt il fera jour
dès potron-minet
les bruits recommenceront
d’abord les oiseaux qui éviteront les chats
puis, les motos, les voitures,
les éboueurs, les camions,
et les enfants qui crieront en allant à l’école
ni le jour, ni la nuit,
j’aime cet instant qui n’a pas de nom
pas de bruit
pas d’odeur,
mais beaucoup de saveur
=====

 

"buée, lampadaire, ombre" by Sophie Piquet

"buée, lampadaire, ombre" by Sophie Piquet

Comme un jeu, une photo encore nocture, puis des mots sont venus, puis une accroche, puis une écriture en miroir !

Texte 2 : de Sophie Piquet 

 


Ni le jour, ni la nuit !
Oui, c’était ainsi !

Il ne savait pourquoi, mais cela faisait quelque temps qu’il avait peur de son ombre.

Oui. De jour comme de nuit, peu importe l’endroit où il était ou allait, il ne se sentait jamais en sécurité !

En été, il déambulait le long de la digue, les pieds dans le sable, à admirer les mouettes au loin, comme il aimait le faire à chaque fois qu’il venait là, sur cette côte d'opale qu’il aimait tant.

Il avait toujours préféré aller à la mer plutôt qu’à la montagne.

Il aimait cet air iodé.

Cet air vivifiant le revigorait.

Regarder cette immensité lui faisait du bien. Il se sentait bien.

Malgré cela, machinalement, il regardait souvent derrière lui, de peur d’être suivi, mais non, ce n’était que son ombre !

 

Quand le soleil se couchait, il allait sur une terrasse de café, pour admirer le coucher de soleil.

Il aimait les couleurs du ciel à ce moment-là : violet, rose, jaune.

Il aimait le reflet sur la mer.

Alors, il restait là, à siroter un petit apéritif, avant de rentrer chez lui.

 

Lorsqu’il se mettait en route pour rentrer, Il avait le même sentiment d’être suivi la nuit.

Les lampadaires étant allumés, lorsqu’elle était devant lui, son ombre, il la voyait, alors ça allait, mais quand il dépassait les lampadaires, elle se retrouvait derrière lui, et là…. Ça ne manquait pas ! Il avait toujours cette sensation !


Chez lui, après dîner, son petit plaisir était de regarder par la fenêtre, avec une tisane, avant d’aller se coucher. Il arrivait qu’il y ait de la buée sur la fenêtre,

alors avec son doigt, il faisait des dessins.

Ça lui rappelait son enfance. Avec son papi, ils faisaient de même. Son papi avec une tisane. Lui avec un chocolat chaud. Son papi lui faisait des dessins. C’était la belle époque !


Puis, il allait se coucher, en espérant ne plus avoir peur le lendemain !