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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

9 h du matin

Publié le 16 Septembre 2015 par la tortue à plumes in PO & ZIE, plumes de tortue 2015

 
tout est calme
la maison ronronne
un jeans vite enfilé
sur mon corps encore chaud et moite d’une douche brûlante,
 
J’avale une tasse de thé,
format échantillon,
pas le temps de le faire infuser
dans la théière blanche
et de le déguster selon un rituel précis
 
Enfiler les chaussures
ne pas oublier le parapluie
le ciel est menaçant
enfiler un manteau
qu’on appelle de “demi-saison”
ce n’est plus l’été
l’automne est encore naissant,
bien que précocement présent.
 
Ne pas oublier les clés,
le chéquier, où je vais, la carte visa n’est pas appréciée.
 
Ouvrir la porte bleue qui grince un peu, penser à la graisser
et partir dans la rue vers le rendez-vous,
beaucoup trop matinal, à mon goût.
 
Croiser des gens, des inconnus
les observer au passage
une dame sonne à une porte,
personne pour lui ouvrir
 
Les vitrines sont en mi-teintes
certaines déjà lancent leurs lumières aveuglantes
d’autres offrent une lumière blafarde et déprimante.
 
Devant moi, mon retoucheur, monsieur délicieux,
à l'accent d'un autre continent,
aux doigts magiques
un fil, une aiguille et le tour est joué,
me voit, s’arrête, me fait un grand sourire,
nous devisons, de rien, de tout
arrivés devant le bistrot, il m’offre un café
je décline l’invitation
j’ai un rendez-vous, ne pas être en retard
d'autres passants se hâtent vers leur journée
des enfants hurleurs,
(pourquoi les enfants doivent-ils toujours hurler ?
se dépêchent vers leur école.
 
Je croise, un monsieur et son chien,
je croise, une voiture à la musique assourdissante
je croise… non, je ne croise pas de regards, les gens sont fuyants, absents, pressés.
Leur bus va surement arriver, ne pas le rater
autrement c’est le retard assuré
j’avais croisé mon ami retoucheur heureusement
pour me mettre de joyeuse humeur
je tourne au coin de la rue
le fleuriste a déjà fait son étalage sur le trottoir
des fleurs rouges, roses, jaunes ou oranges jettent un peu de couleur sur le bitume au noir corbeau brillant, comme un miroir, de l’eau tombée et qui ruisselle encore jusqu’au caniveau.
 
La balade est finie,
mes cheveux font des frisottis
j’appuie sur la sonnette
il y a déjà plusieurs têtes
dans la salle d’attente.
je suis arrivée avant le médecin
je suis donc la première
elle aura accumulé beaucoup de retard après mon passage
je m’en excuserai
elle sourira
je reviendrai
l’entretien fut profitable
 
Il est l’heure de se réconforter
acheter un pain au raisin
et puis, rentrée à la maison,
enfin dans la grande théière blanche
faire infuser le thé et le boire avec délectation
en dégustant le pain aux raisins qui sent bon le rhum
me voici enfin consolée, de ma nuit si courte
et de m’être levée si tôt
chacun son rythme !
Où étiez-vous à deux heures ce matin
quand la lune, du coin de son quartier,
me donnait l’aubade derrière les fenêtres fermées
et qu’avec enthousiasme je préparais mes nouveaux ateliers ?
 
J’ai posé la veste rouge, les chaussures rouges
les pantoufles au pied,
ma journée ordinaire peut maintenant commencer.
=====
photo personnelle ERC ©tous droits réservés

photo personnelle ERC ©tous droits réservés

Commenter cet article

Solagirafe 16/09/2015 18:13

Vos mots.....
Quel bonheur de lire vos mots, Madame la Tortue ! Un régal !