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Publié par la tortue à plumes

 
Un souffle de vent qui ose à peine s'exprimer
Un ciel bas qui s'est mis aussitôt à l'unisson
Une âme s'est envolée
Le cycle de la vie
On est jeune
On nait jeune
On devrait naître vieux et rajeunir
C'est un peu ce que l'on fait malgré tout !
On grandit
On vit vieux
On meurt toujours trop tôt
La douleur
La souffrance
Oublions celle des enfants qui sont partis avant
Laissant les parents dans un désarroi éternel
Ce n'est pas dans l'ordre des choses
C'est aussi un ordre des choses
Monsieur, je ne vous connaissais pas
Ou seulement le beau jeune homme que vous étiez au bras de votre jeune épousée
Me permettez-vous de m'adresser à vous ?
Savez-vous qu'en 2012, j'ai participé à un projet
Entre musique et mots…
De fil en aiguille des amitiés sont nées
Et ainsi, peu après, j'ai connu votre fille
Entre musique et mots…
Nous nous sommes doucement reconnues
Un bélier qui rencontre un bélier
Une épingle à nourrice qui rencontre une tortue à plumes
De plume en plume
de musique en musique
l'amour de votre fille pour vous était le miroir où je retrouvais mon papa
vous allez peut-être le rencontrer où votre voyage vous aura conduit
il était beau. Il était mon héros. Il a beaucoup souffert
des petits points de connexion se forment.
Votre fille a, très justement, partagé sa douleur de vous voir diminué, souffrant dans un hôpital. Elle vous voyait dans une grande chambre claire où vous auriez pu être plus à votre aise.
Çà ne s'est pas fait.
Très fatiguée de ses longs trajets, elle aimait cette intimité avec vous lorsqu'elle était à votre côté. Le petit téléphone pour vous rapprocher.
Monsieur, samedi soir, nous parlions de vous. Je garderai les propos. Ne pas trahir. Encore que je sais que ce ne serait pas de la trahison.
Pour vous faire sourire, nous avons passé une sacrée soirée bien arrosée, en famille, enfin tout comme si. Il y avait des griottes iraniennes comme notre incroyable Diego-William. Il y avait de la chaleur. Il y avait votre présence.
C'était samedi soir…
Dimanche soir, enfin lundi matin 1H15, enfin ce matin, vous savez j'ai le sommeil difficile, un SMS s'affiche. Vous aviez quitté notre monde peu avant.
Aviez-vous entendu la fatigue extrême de votre fille ?
Étiez-vous lassé de cette vie devenue un ersatz de votre vie ?
Je ne vous connaissais pas monsieur… Permettez que je vous salue et que je vous remercie, je dois associer votre femme, de m'avoir fait rencontrer votre fille.
Adieu ou au revoir, car vous les papas vous ne partez jamais vraiment.
Parfois, un souffle dans ma chambre, je sais qu'il est là. Je peux alors m'endormir me laissant bercer comme lorsque j'étais petite et qu'il me prenait dans ses bras, ma tête sur son épaule..
=====

 

photo du matin. éphémère vie de magnolia (ERC)

photo du matin. éphémère vie de magnolia (ERC)

Commenter cet article

Fred 24/07/2014 08:42

C'est si tendre et si fort. Que d'émotion qui passe...

Veronique 24/07/2014 01:40

Ton écrit si proche, si vrai, si sensible, me touche infiniment... Merci...