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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

parfois un vendredi

Publié le 27 Juillet 2014 par la tortue à plumes in pastilles de vie 2014

 
Parfois le monde s'arrête de tourner
ou il tourne autrement
les avions continuent de s'écraser
le soleil a décidé de briller
une âme s'est envolée
un souffle de vent
il fallait partager
dire des mots
pour se souvenir
dire des mots
pour s'envoler
ce n'est pas Péguy,
mais que les mots sont beaux
je suis seulement passé, dans la pièce à côté
émotion d'un violon là
pour troubler nos oreilles
des images d'avant
des enfants qui jouent
des parents qui rient
confetti d'une vie
qui commence à se disloquer
destin universel
toutes les salles sont occupées
quelle idée avez vous de vouloir nous quitter ?
je sais, chacun son tour...
j'ai eu ma part cette année, j’insiste,
j'aimerais bien que la série s'arrête.
 
La lumière était belle dans le ciel
les tombes n'étaient pas tristes
sauf celles des enfants
les tombes n'étaient pas tristes
même si les fleurs étaient fanées
et les vases renversés
on a joué à les redresser.
Le jardin du souvenir
était apaisant
j'étais déjà venue
pour un autre papa
il y avait aussi des rires
des rires d'avant
ceux-ci personne ne peut nous les voler
ceux-ci personne ne peut nous les arracher
puis...
reprendre la route
quelques kilomètres de plus
c'était le jour
continuer le pèlerinage
me remettre dans ma vie
mon chauffeur a dit oui ! (grand merci)
qui connait maintenant
la maison de vie
la maison de mort
de ce fameux grand-père (et mémé et plus encore)
et ma future résidence où j’en prendrai pour perpette.
Refaire une photo pour le dossier
quand le temps sera venu.
il y a longtemps que je n'étais pas venue.
le vieux cimetière
est comme je l'ai connu il y a soixante ans au moins.
je n'avais pas prévu
alors j'ai coupé une fleur de lavande sur le parking...
pour ceux que j'aimais tant
c'est peu
maintenant que j'ai décidé qu’ici sera chez moi
je reviendrai plus souvent.
 
Pèlerinage...
maintenant la maison.
j'ai déjà tant dit...
j'en ai tellement besoin
ce qu'elle est devenue
ne me plait plus
qu'importe
les parfums
les rires
les rainettes
les vendanges
les Louise Bonne
le pot-au-feu
les bouquins de Thorez
que pépé aimait partager avec maman
choc des cultures !
ma patinette verte rutilante
toujours dans ma tête
il faut que je m'arrête
je pourrais écrire, écrire...
 
les vrilles de la vigne
belle idée de tatouage
si un jour...
je ne crois pas pourtant.
 
comme une petite fille,
je racontais
mon grand-père,
une femme jeune
blonde, cheveux longs, était là et écoutait
quelle impertinence !
je me croyais seule au monde
alors... je parlais un peu fort laissant parler mon coeur.
 
la tortue ose :
"vous habitez ici ?"
une conversation s'engage
"moi, aussi j'habite chez mon grand-père"
bizarre
en plein coeur
quelque chose perdurait
pas chez pépé
chez mon oncle
vous ne suivez pas ?
c'est normal
c'est mitoyen
c'est du viager
c'est compliqué !
troublée
comment oser se comparer à moi ?
pas l'ego mais mon passé
c'était chez moi
pas chez elle
et puis si
et puis
il y avait donc
sur une des deux maisons
une continuité
une fidélité
elle a parlé de vigne
celle de l'autre côté
troublée
je comprenais pourquoi la tombe était propre
je comprenais...
j'aurais du laisser mon numéro de téléphone
ou aller sonner au 31 comme suggéré
une lettre ?
peut-être vais je écrire
reprendre ce lien "presque commun"
l'émotion à son comble
troublée
encore troublée
il fallait un restaurant de paix
pour continuer
pour évacuer
pour oublier
une nouvelle fois j'ai croisé une connaissance
une nouvelle fois le repas fut délicieux
c'était le dernier soir
il faudra attendre septembre
il offrit une rose par table
la mienne est là pas très loin
épanouie.
 
à la rentrée...
un nouvel épisode
des cours de cuisine turque par la maman
et qui participera aux cours de cuisine ?
"la tortue en cuisine"
les manti étaient juste parfaits
évasion en Italie
belle-maman pratiquait aussi
elle aurait aimé un restaurant
admiration pour ces dames.
 
Elle aurait eu cent ans le 23.
Maman aurait eu 91 ans le 25
Quelle semaine !
 
la vie et la mort
ne font vraiment qu'un
je profite cahin-caha
de la mienne
la main sur une épaule
l'espace d'un instant...
=====

 

parfois un vendredi
Commenter cet article

véronique 27/07/2014 21:58

c'était un vendredi, oui... une fin dans un vendredi... et me viennent toutes les fins à venir d'autres vendredis...

Solagirafe 27/07/2014 16:42

Beaux mots...
Merci des clins d'œil...
Ton chauffeur est ravie.