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La tortue à plumes

chroniques, littérature, écriture, mots, passion, ateliers d'écriture, organisatrice d'évènements à Colombes

le refuge et le silence

Publié le 25 Janvier 2014 par la tortue à plumes in Contes du jour et de la nuit (VS)

 

Dans le silence de ma nuit,

Dans le silence de mon lit,

Dans le silence de ma vie,

Il y a …

Il y a des bruits,

Il y a des murmures,

Il y a une vie au-delà des murs

Au-delà de ma nuit,

Dans le silence de ma nuit,

J'entends le silence,

Le silence : le vide de ma vie.

Ce silence assourdissant.

 

Le chagrin de la nuit s'accroche à mes paupières,

Comme cette nuit lorsque tu es parti,

Les tourments me reprennent,

Plus rien ne me freine,

Plus rien ne me retient,

Et pourtant…

 

Dans une valse lente,

Dans un tango endiablé,

Il faut maintenant se remettre en danger

Quitter ce refuge hier encore si douillet

Ouvrir de nouveau le chantier d'une vie atrophiée

D'une vie amochée qui veut encore y croire.

 

Nuit, c'est la nuit,

En pleine solitude

Les trilles de l'oiseau surgissent du néant

De là-bas de l'autre côté du mur,

L'autre versant de ma vie,

Ce versant d'où tu ne veux plus me revenir.

 

Tu m'as laissée, amputée de la moitié de moi

Tu es parti, je suis mutilée de la moitié de toi.

J'écoute le silence, le silence de ma vie

Je ne reconnais plus mes nuits,

Je ne reconnais plus ma vie.

 

Pourquoi ?

Pourquoi cette fugue soudaine ?

Mais quelle parole ai-je donc prononcée ?

Quel mot incongru pour déclencher cette ire vilaine ?

 

Parti ? Parti !

Dis, reviendras-tu ?

Dois-je te le crier ?

Dois-je te le hurler ?

Dois-je te l'écrire ?

Dessiner sur la portée des clés de "sol", des clés de "fa"

En mineur, en majeur

Dois je distiller des arpèges,

Multiplier les accords sur un piano virtuel,

Mettre mon cœur en sourdine.

 

Alors…

Alors qu'il ne veut que ton retour et hurler ton prénom.

 

Oublier ? Oublier, je ne puis !

Veux-tu que jusqu'à toi, je rampe sur les genoux

Et qu'ils saignent, autant que mon cœur en est déjà tant épuisé.

 

Mes paroles étaient de l'amour

Mes paroles étaient des caresses

Des pluies de baisers lancés vers le ciel,

Lancés vers tes lèvres.

 

Sans contrepartie

Sans calcul

Des mots d'amour, rien de plus, rien de moins

et ce n’est pas rien.

Tu as tout confondu

Mes reproches étaient des cris,

Des cris d'un amour que je voyais éternel,

Je criais mon amour

Je criais mon toujours.

 

Tu ne t'es pas retourné.

Parti ? Parti !

J'égrène ma vie

Je compte les nuits

Le grand lit est désert

Les draps sont glacés

Ton odeur y subsiste

mêlée à la mélodie de nos corps enlacés.

La musique s'est tue

La lumière est éteinte

Les persiennes sont closes.

 

L'oiseau de mon jardin s'est envolé

Emportant mon secret

Et mes rêves veloutés.

Et pourtant…

 

Je l'entends, il t'appelle, il te dit :

"N'entends-tu pas comme elle t'aime"

"Ne sois pas si stupide !"

"Ne sois pas si têtu !"

"Reviens, elle t'attend"

"Tu verras comme la nuit peut-être belle"

"Tu verras comme sa peau est sensuelle"

"Tu verras… "

 

Viens, grimpe sur mes ailes

Allons la retrouver...

Elle t'attend, tu verras…

Mais, tu le sais déjà.

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les cinq mots autour desquels il fallait bâtir un texte ! facile ?

les cinq mots autour desquels il fallait bâtir un texte ! facile ?

un bravo particulier à Sophie.

un bravo particulier à Sophie.

1er des deux textes proposés pour le 4ème APPEL A ECRITURES des contes du jour et de la nuit (Véronique Sauger)

2ème participation, de nouveau sélectionnée, un grand moment de joie.

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